3M Burger

Des astuces simples pour un quotidien plus facile

Bien-être

Gilbert, 82 ans, privé d’électricité chez lui : sa voisine branche une rallonge depuis sa boutique pour le garder au chaud, « Si on ne lui donne pas un coup de main, il meurt dans le froid »

En bref

Gilbert, 82 ans et gravement malade, vit sans électricité depuis trois semaines à Veynes après avoir refusé de payer des factures de surconsommation liées à un compteur partagé, tandis qu'une voisine commerçante lui fournit de l'électricité via une rallonge depuis sa boutique.

Trois points à retenir

  1. Un octogénaire diabétique, hypertendu et ayant subi une ablation de l'estomac vit sans chauffage ni eau chaude depuis trois semaines dans son appartement de 43 m²
  2. Le conflit porte sur des factures de surconsommation atteignant 500 € par mois liées à un compteur électrique partagé avec un voisin
  3. Une commerçante voisine tire une rallonge depuis sa boutique pour lui fournir un minimum d'électricité en attendant l'attestation du Consuel

La réponse en bref

Gilbert reste privé d'électricité en raison d'un conflit avec son propriétaire sur des factures de surconsommation contestées, et survit grâce à la solidarité d'une voisine qui lui fournit de l'électricité depuis sa boutique.

Un octogénaire sans électricité à Veynes, dans les Hautes-Alpes

Depuis le 1er février 2024, un homme de 82 ans vit dans des conditions particulièrement difficiles à Veynes, dans les Hautes-Alpes. Dans son appartement de 43 m², plus aucune lumière ne fonctionne normalement, le ballon d’eau chaude est à l’arrêt et le chauffage est réduit à sa plus simple expression.

Derrière cette situation, il y a un prénom : Gilbert. Ce locataire continue de s’acquitter de son loyer chaque mois, mais refuse catégoriquement de régler des factures de « surconsommation » réclamées par son propriétaire, liées à un compteur partagé avec un autre occupant de l’immeuble. Son état de santé précaire rend ce bras de fer quotidien particulièrement alarmant, en pleine période hivernale.

Trois semaines sans eau chaude ni chauffage digne de ce nom

Selon BFM DICI, cela fait environ trois semaines que Gilbert vit sans eau chaude ni chauffage normal dans son logement. Les gestes les plus élémentaires — se laver, préparer un repas — sont devenus de véritables épreuves pour lui.

Ce qui aggrave encore la situation, c’est le lourd passé médical de Gilbert. Il l’exprime lui-même sans détour : « Faut savoir quand même que j’ai 82 ans. Je suis diabétique, je fais de l’hypertension et j’ai un cancer, j’ai eu un cancer de l’estomac, j’ai plus d’estomac. Donc vous voyez, je suis pas non plus dans une santé qui me permettrait de rester sans chauffage. » Diabète, hypertension, ablation de l’estomac suite à un cancer : le froid n’est pas seulement inconfortable pour lui, il représente un danger réel.

Un compteur partagé à l’origine de factures contestées allant jusqu’à 500 €

Tout part d’un compteur électrique mutualisé entre le logement de Gilbert et celui d’un voisin. Les consommations s’y mélangent sans que l’on puisse clairement distinguer qui consomme quoi. Dans cette zone grise, des régularisations de « surconsommation » ont commencé à tomber, atteignant jusqu’à 500 € par mois pour un appartement de seulement 43 m². Des montants que Gilbert juge totalement injustifiés et qu’il refuse de payer.

Il a maintenu le paiement de son loyer mais a contesté ces sommes, ce qui a directement provoqué la coupure de l’alimentation électrique de son appartement. De son côté, le propriétaire a finalement fait installer un compteur individuel et affirmé avoir mandaté un électricien pour mettre l’installation aux normes dans les plus brefs délais. Toutefois, selon BFM DICI, la remise en service reste bloquée tant que le Consuel, l’organisme chargé de vérifier la conformité des installations électriques, n’a pas délivré son attestation.

La solidarité d’une voisine commerçante face à l’inaction des autorités

En attendant qu’une solution officielle soit trouvée, c’est la générosité d’une voisine qui empêche le pire. Commerçante dans le même bâtiment, elle a décidé de tirer une rallonge depuis son commerce pour fournir à Gilbert un minimum d’électricité. Grâce à ce câble improvisé, il peut faire fonctionner un radiateur et quelques appareils de base.

Elle confie ses motivations avec une franchise désarmante : « Je donne de l’électricité parce que la mairie ne veut pas aider ce monsieur. Alors je paye un peu plus d’électricité. Si on ne lui donne pas un coup de main, ben il meurt dans le froid quoi. Et on doit aider son prochain, on dit. Alors j’aide mon prochain. » Cette aide, aussi précieuse soit-elle, reste fragile et financièrement coûteuse pour cette commerçante qui assume seule cette solidarité de proximité.

La mairie de Veynes à la recherche d’un relogement pour Gilbert

La mairie de Veynes n’est pas restée totalement inactive. La commune a brièvement raccordé le logement de Gilbert à son propre réseau électrique, pendant deux jours, avant de procéder à la déconnexion en invoquant des raisons de sécurité. Depuis lors, la municipalité, conduite par le maire Christian Gilardeau, indique être en quête d’un logement social pour reloger l’octogénaire dans de meilleures conditions.

Entre les lenteurs administratives, l’attente de l’attestation du Consuel pour valider le nouveau compteur individuel et les impératifs du quotidien, Gilbert reste suspendu à ces démarches. Son seul lien avec un semblant de confort normal demeure ce simple câble tendu entre son appartement et la boutique de sa voisine — un fil de solidarité aussi fragile qu’indispensable.