En bref
Un squatteur a pris le contrôle des caves d'un immeuble social au 82 boulevard Davout à Paris, installant une serrure et empêchant les locataires d'accéder à leurs espaces attribués jusqu'à son expulsion le 27 janvier 2026.
Trois points à retenir
- L'occupant illégal a forcé les portes des caves, installé une cuisine, des sanitaires et une chambre, et effectué des branchements électriques sauvages provoquant des coupures répétées
- Les habitants signalent un point de vente de cigarettes et de stupéfiants dans le sous-sol, avec des clients consommant sur place et laissant déchets et urine dans le hall
- Paris Habitat a obtenu une décision de justice le 6 janvier 2026 et l'homme a été expulsé le 27 janvier 2026 après une procédure contentieuse en référé
La réponse en bref
Le squatteur a été expulsé le 27 janvier 2026 après une procédure judiciaire engagée par Paris Habitat, qui a obtenu une décision de justice le 6 janvier autorisant le recours à la force publique.
Une cave confisquée au 82 boulevard Davout, dans le XXe arrondissement de Paris
Au cœur d’un immeuble de logements sociaux situé au 82 boulevard Davout, dans le XXe arrondissement de Paris, une situation pour le moins stupéfiante s’est installée depuis l’été 2024. Un inconnu a progressivement pris le contrôle total des caves, des espaces pourtant officiellement attribués aux locataires. Depuis lors, ces derniers vivent dans un quotidien marqué par la peur, les nuisances et un sentiment profond de dépossession.
Parmi les résidents touchés, Sarah* — mère de famille dont le prénom a été modifié — peine à reconnaître son propre immeuble. Devant la porte métallique menant aux sous-sols, elle résume la situation avec amertume : « Il a installé une serrure, c’est lui qui doit nous ouvrir ». Pourtant, sa famille dispose d’une cave attribuée en bonne et due forme. Depuis août 2024, chaque accès au sous-sol dépend du bon vouloir de cet occupant illégal.
Quand le squatteur impose sa serrure et bloque l’accès aux caves
La mainmise sur les sous-sols ne s’est pas faite du jour au lendemain. D’après les locataires, l’individu disposait initialement d’un accès à trois caves, avant de forcer les portes restantes pour étendre son emprise à pratiquement tout le sous-sol. Des cloisons ont été abattues, des cadenas remplacés, et des aménagements rudimentaires ont été bricolés afin d’y créer une cuisine, des sanitaires et une chambre.
Ces branchements électriques sauvages, réalisés directement sur le réseau commun de l’immeuble, auraient provoqué de fréquentes coupures d’électricité affectant l’ensemble des résidents. Les habitants signalent également que ce sous-sol transformé serait devenu un point de vente de cigarettes et de stupéfiants, avec un flux constant de clients dans les escaliers. Certains consommeraient sur place, abandonnant pochons, déchets et urine dans le hall. Sarah confie désormais éviter de sortir tard le soir : « On ne se sent pas en sécurité dans l’immeuble ».
Des caves transformées en appartement précaire, avec risques et dégradations
Les images tournées dans les sous-sols révèlent un véritable appartement de fortune souterrain : un coin cuisine équipé de plaques de cuisson et d’un petit réfrigérateur, un lit, et des sanitaires sommaires. L’ensemble est alimenté par des rallonges raccordées aux parties communes, entraînant des pannes à répétition. À chaque coupure, l’ascenseur, l’éclairage et les réfrigérateurs des locataires s’arrêtent, une situation particulièrement préoccupante pour les familles avec enfants ou les personnes âgées.
Les répercussions dépassent largement le seul cadre des caves. Un commerçant installé au rez-de-chaussée révèle qu’en mars 2025, des voleurs auraient transité par une cave communicante pour dérober du matériel dans son local. Les parties communes sont régulièrement souillées de sachets vides, de mégots et de traces d’urine. Plusieurs familles indiquent avoir limité les déplacements seuls de leurs enfants, craignant une mauvaise rencontre à la porte du sous-sol.
Procédure d’expulsion, force publique et droits des locataires
Face à l’accumulation des signalements, Paris Habitat, bailleur social de l’immeuble, a déposé une plainte pour « occupation illicite » en janvier 2025 et engagé une « procédure contentieuse pour expulsion en référé ». Une décision de justice a finalement été obtenue le 6 janvier 2026. Le 20 janvier, le bailleur précisait : « À cet instant, nous attendons la notification de la décision judiciaire obtenue le 6 janvier dernier, seule à même d’autoriser le concours de la force publique », pendant que la mairie du XXe arrondissement assurait suivre le dossier de près. D’après les informations publiées par la suite, l’homme a été expulsé le 27 janvier 2026.
Ce déroulement s’inscrit parfaitement dans le cadre légal prévu pour ce type de situation : le bailleur ou le propriétaire saisit le juge des contentieux, généralement en référé, pour obtenir une décision ordonnant l’évacuation. Ce jugement est ensuite signifié par un commissaire de justice, accompagné d’un commandement de quitter les lieux. En cas de refus de l’occupant, le préfet peut autoriser le recours à la force publique. À noter que la trêve hivernale ne s’applique pas aux squats occupés par voie de fait.


