En bref
Le prix repère du gaz augmente de 6,6 % au 1er novembre 2026, mais seuls les 60 % d'abonnés ayant une offre indexée paieront cette hausse, tandis que les 40 % en offre à prix fixe ne verront aucun changement.
Trois points à retenir
- Environ 6 millions de clients résidentiels avec une offre indexée sur le prix repère subiront la hausse de 6,6 %, soit environ 12 € TTC de plus en novembre selon la CRE.
- Le prix repère de vente de gaz passe de 182,88 €/MWh en octobre à 194,90 €/MWh en novembre, reflétant la remontée des prix de gros de septembre.
- Vérifier la mention « indexée sur le prix repère » ou « à prix fixe » dans votre contrat permet de savoir si vous êtes concerné par les variations mensuelles du marché.
La réponse en bref
Oui, votre facture augmentera de 6,6 % en novembre 2026 si votre contrat mentionne « indexée sur le prix repère ». Si votre offre est « à prix fixe », vous n'êtes pas concerné par cette hausse.
Gaz : +6,6 % au 1er novembre 2026 — votre facture dépend d’une ligne de contrat
Le prix repère du gaz grimpe de 6,6 % en novembre, mais seuls 60 % des abonnés paieront cette hausse : tout dépend d’une mention inscrite dans votre contrat.
Lundi matin, Marie ouvre sa facture de gaz. Elle habite Lyon, chauffe au gaz, cuisine au gaz. Son voisin de palier, même logement, même fournisseur. Lui ne verra aucune différence en novembre. Elle paiera en moyenne 12 € de plus. La raison tient en une ligne de contrat que beaucoup n’ont jamais lue : « indexée sur le prix repère » ou « à prix fixe ». Le 12 octobre, la Commission de régulation de l’énergie a publié le nouveau prix repère de vente de gaz : 194,90 €/MWh TTC au 1er novembre 2026, contre 182,88 € en octobre. Soit +6,6 % en moyenne. Mais ce chiffre ne concerne pas tout le monde.
Qu’est-ce que le prix repère de vente de gaz, et qui le fixe ?
Le prix repère de vente de gaz (PRVG) est un indicateur de marché calculé chaque mois par la CRE pour les zones desservies par GRDF. Il reflète le coût d’approvisionnement moyen, tous consommateurs confondus. Ce n’est ni une offre commerciale ni un tarif réglementé — ces derniers ont disparu le 30 juin 2023. C’est un thermomètre du marché de gros, que certains fournisseurs utilisent comme base pour indexer leurs offres.
Seule la part approvisionnement du prix du gaz change. L’abonnement, lui, reste identique. La CRE publie ces chiffres pour éclairer le consommateur, pas pour imposer un prix unique à tous les fournisseurs. Résultat : deux personnes avec le même usage peuvent payer deux factures très différentes, selon le type de contrat qu’elles ont signé.
Qui paie la hausse de novembre, et qui y échappe ?
Environ 6 millions de clients résidentiels — soit près de 60 % des abonnés — ont souscrit une offre indexée sur le prix repère. Ce sont eux qui subiront la hausse de 6,6 % dès novembre. Les 40 % restants bénéficient d’une offre à prix fixe : leur facture ne bouge pas.
Deux foyers voisins, deux réalités économiques distinctes.
L’un, à prix fixe, ne verra aucun changement sur sa facture. L’autre, en offre indexée, paiera en moyenne 12 € TTC de plus en novembre, d’après l’estimation de la CRE. Cet écart se creuse si le logement consomme beaucoup de gaz pour le chauffage : plus la consommation est élevée, plus la différence se fait sentir.
Les proportions de 60/40 % sont des ordres de grandeur, pas un décompte client par client. Mais elles illustrent qu’une majorité d’abonnés est exposée aux variations mensuelles du marché de gros, sans forcément le savoir.
Combien coûte réellement cette hausse au kilowattheure ?
Pour le chauffage, le kilowattheure passe d’environ 0,146 € TTC en octobre à environ 0,158 € en novembre en zone GRDF, soit +8,3 %. Pour la cuisson et l’eau chaude, il passe d’environ 0,178 € à environ 0,190 €.
Ces deux pourcentages — 6,6 % en moyenne globale et 8,3 % pour le chauffage — ne se contredisent pas. Le premier est une moyenne tous usages confondus, le second concerne uniquement le gaz de chauffage. Un appartement qui n’utilise le gaz que pour cuisiner ne subira pas la même hausse qu’une maison chauffée intégralement au gaz.
Un ordre de grandeur concret : l’écart d’environ 0,012 € par kWh de chauffage représente 12 € pour 1 000 kWh consommés. Ce calcul vaut pour le gaz de chauffage d’une offre indexée uniquement. Il ne provient pas de la CRE, mais de la rédaction, à partir des prix publiés.
Comment savoir si votre contrat est indexé ou à prix fixe ?
Le geste tient en quelques minutes. Ouvrez votre facture ou les conditions particulières de votre contrat. Cherchez la mention du type d’offre :
- « Indexée sur le prix repère » : la hausse de novembre vous concerne.
- « À prix fixe » : elle ne vous touche pas.
Si vous n’avez jamais vérifié cette ligne, c’est le moment. Beaucoup de clients découvrent la variation au moment de la facture, sans avoir conscience que leur contrat suivait les fluctuations du marché de gros mois après mois.
Dans les zones desservies par une entreprise locale de distribution (ELD), le prix repère est différent.
Les chiffres de cet article valent uniquement pour la zone GRDF, qui couvre l’essentiel du territoire métropolitain. Si vous dépendez d’une ELD, vérifiez auprès de votre fournisseur ou de votre distributeur local.
D’où vient cette hausse de 6,6 % ?
La cause tient à la remontée des prix de gros du gaz en septembre par rapport à août. Un mois de décalage sépare le marché de la facture : le prix repère de novembre porte donc la trace des cours de septembre. C’est le mécanisme habituel de répercussion, avec un temps de latence.
Le 1er juin 2026, le prix repère s’établissait à 152,86 €/MWh, en baisse de 4,8 %. Il a gagné 7,4 % au 1er juillet (164,21 €), cédé 0,8 % au 1er août (162,89 €). Puis l’escalier : 172,05 € en septembre (+5,6 %), 182,88 € en octobre (+6,3 %), 194,90 € en novembre (+6,6 %).
Trois hausses de suite, et chacune dépasse la précédente. Du 1er juin au 1er novembre, le cumul atteint +27,5 %, un calcul réalisé à partir des grilles publiées par la CRE. Il part d’un point bas, après la baisse de juin, ce qui accentue l’effet. Sur le seul mois de novembre, la progression reste de 6,6 %.
Que prévoit la CRE pour la facture annuelle 2026 ?
La CRE estime que, si les marchés restent stables, la facture annuelle 2026 serait environ 11 % plus élevée qu’en 2025, soit environ 135 € TTC de plus. Il s’agit d’une projection, pas d’une certitude. Elle repose sur l’hypothèse que les prix de gros ne bougent plus.
Cette hypothèse reste fragile. Depuis juin, le prix repère a oscillé entre -4,8 % et +7,4 % d’un mois sur l’autre. Rien ne garantit qu’il ne remontera pas encore en décembre ou janvier, ni qu’il ne baissera pas en cas de douceur hivernale ou de détente sur les marchés de gros.
Pour les clients en offre indexée, chaque mois apporte son lot d’incertitudes. Pour ceux à prix fixe, la facture reste prévisible jusqu’à l’échéance du contrat — mais souvent au prix d’un tarif de départ plus élevé au moment de la souscription.
Faut-il changer d’offre maintenant ?
La question est légitime, mais la réponse dépend de votre situation. Passer d’une offre indexée à une offre à prix fixe aujourd’hui revient à figer votre tarif au niveau actuel — ou proche. Si les prix de gros redescendent en 2027, vous serez coincé. Si les prix continuent de grimper, vous serez protégé.
Les offres à prix fixe incluent souvent une prime de risque : le fournisseur vous garantit un prix stable, mais ce prix peut être plus élevé que l’offre indexée du moment. En novembre 2026, avec trois hausses consécutives, l’écart entre les deux types d’offres s’est probablement réduit. Comparer les deux reste le seul moyen fiable de savoir ce qui vous convient.
Un détail compte : la durée d’engagement. Certaines offres à prix fixe vous bloquent pour un, deux ou trois ans, avec des frais de résiliation si vous partez avant terme. D’autres sont sans engagement, mais leur prix est souvent moins avantageux.
Vérifier votre contrat ne prend que quelques minutes — et peut vous éviter 12 € par mois, voire davantage si vous chauffez au gaz.
Questions fréquentes
Le prix repère s’applique-t-il à tous les fournisseurs de gaz ?
Non. Le prix repère est un indicateur, pas un tarif obligatoire. Chaque fournisseur fixe librement ses prix. Seules les offres qui mentionnent explicitement « indexée sur le prix repère » suivent ce chiffre. Les offres à prix fixe, les offres indexées sur d’autres indices ou les offres de marché classiques ne sont pas concernées.
Puis-je refuser la hausse si mon contrat est indexé ?
Non. Si votre contrat stipule que le prix est indexé sur le prix repère, la hausse est automatique. Vous pouvez en revanche changer de fournisseur ou d’offre à tout moment, sans frais si votre contrat est sans engagement, ou avec des frais de résiliation si vous êtes engagé.
Les zones desservies par une ELD ont-elles le même prix repère ?
Non. Le prix repère publié par la CRE concerne uniquement la zone GRDF, qui représente environ 95 % des foyers raccordés au gaz en France métropolitaine. Les entreprises locales de distribution appliquent leurs propres prix repères, souvent différents, calculés selon les mêmes principes mais avec des données locales.
Que devient le tarif réglementé de vente de gaz ?
Il a disparu le 30 juin 2023. Depuis cette date, tous les clients résidentiels sont sur des offres de marché. Le prix repère a été créé pour offrir un point de référence transparent, mais il ne remplace pas le tarif réglementé : il n’est pas fixé par l’État, ne s’impose à personne, et reste purement indicatif.
Combien coûte en moyenne une facture annuelle de gaz en 2026 ?
La CRE estime qu’une facture annuelle moyenne pourrait atteindre environ 1 350 € TTC en 2026 pour un foyer standard, si les marchés restent stables. Cette projection est indicative et dépend de nombreux paramètres : superficie du logement, isolation, usage (chauffage seul ou chauffage + cuisson + eau chaude), zone géographique, type d’offre.
Le marché du gaz reste imprévisible, et chaque mois apporte son lot de surprises. Ce qui est certain, c’est que la ligne « type d’offre » de votre contrat détermine si vous vivez ces variations ou si vous passez à travers.


