En bref
L'ADEME a mesuré sur 88 foyers que le passage des convecteurs électriques aux pompes à chaleur air/air divise par deux la consommation de chauffage, passant d'environ 45 à 24 kWh/m²/an sur trois hivers.
Trois points à retenir
- Les pompes à chaleur air/air représentent 55,1 % des systèmes de chauffage central individuel vendus en 2025, soit environ 1,38 million d'unités.
- L'ADEME a suivi 88 ménages du 15 octobre 2021 au 9 novembre 2024 et constaté une baisse moyenne de consommation de chauffage de 45 à 24 kWh/m²/an.
- Une PAC air/air posée seule ne donne pas accès à MaPrimeRénov', mais une prime issue des certificats d'économies d'énergie reste possible.
La réponse en bref
Selon l'ADEME, la consommation de chauffage est divisée par deux en moyenne, passant d'environ 45 à 24 kWh/m²/an, sur la base de 88 logements suivis pendant trois hivers.
Pompes à chaleur air/air : consommation divisée par deux selon l’ADEME
Les convecteurs électriques « grille-pain » cèdent la place aux pompes à chaleur air/air, qui représentent désormais plus d’un chauffage central individuel sur deux vendu en France.
Un matin de janvier 2024, l’installateur retire le dernier convecteur du mur du salon. Le bloc extérieur tourne depuis trois jours, l’unité murale souffle un air tiède. « Vous verrez sur la facture », promet-il en rangeant ses outils. Trois mois plus tard, le compteur Linky affiche 680 kWh pour le trimestre, contre 1 200 kWh l’hiver précédent dans la même pièce. Ce scénario se répète dans des milliers de foyers français, au point que la climatisation réversible est devenue, en 2025, le mode de chauffage central individuel le plus vendu du pays.
Pourquoi les pompes à chaleur air/air détrônent-elles les convecteurs ?
En 2025, 55,1 % des systèmes de chauffage central individuel vendus étaient des pompes à chaleur air/air, d’après l’observatoire Observ’ER. Le chiffre atteint environ 1,38 million d’unités au total. En 2022, cette proportion s’établissait à 45,5 %. Soit un bond de 9,6 points en trois ans.
L’appareil ne produit pas de chaleur, il la déplace.
L’ADEME rappelle que la pompe à chaleur air/air prélève les calories présentes dans l’air extérieur et les transfère à l’intérieur du logement. L’hiver, le circuit fonctionne dans un sens. L’été, il s’inverse pour rafraîchir les pièces, d’où le nom de climatiseur réversible. Le convecteur électrique, lui, convertit chaque kilowattheure d’électricité en un kilowattheure de chaleur, soit un coefficient de performance de 1. La pompe à chaleur, en déplaçant des calories déjà présentes, restitue davantage de chaleur qu’elle ne consomme d’électricité.
L’installation compte deux blocs : l’unité murale, qui prend la place du radiateur sous la fenêtre, et le compresseur extérieur, fixé au mur ou posé au sol. Pas de tuyaux dans toute la maison, pas de chaudière dans le garage. Pour beaucoup de ménages, c’est cette simplicité qui décide.
Combien consomme vraiment une pompe à chaleur air/air ?
L’ADEME a suivi 88 ménages passés des radiateurs électriques à une PAC air/air. Les relevés Linky s’étalent du 15 octobre 2021 au 9 novembre 2024, soit trois hivers complets. Pour chaque foyer, la part du chauffage a été isolée du reste de la consommation.
La consommation de chauffage passe en moyenne d’environ 45 à 24 kWh/m²/an. Sur une maison de 100 m², l’ordre de grandeur serait de 4 500 kWh par an avant l’installation, contre 2 400 kWh après. Cet écart se maintient pendant les vagues de froid.
- Consommation moyenne avant : environ 45 kWh/m²/an
- Consommation moyenne après : environ 24 kWh/m²/an
- Échantillon : 88 logements suivis sur trois hivers
- Période de mesure : 15 octobre 2021 – 9 novembre 2024
Le compteur Linky enregistre la consommation totale du logement, pas celle du chauffage seul. Comparer un mois d’hiver et un mois d’été permet d’estimer la part des radiateurs. L’étude de l’ADEME a procédé à cette extraction pour chaque foyer.
Que ne dit pas cette moyenne ?
Le « divisé par deux » est une moyenne portant sur 88 logements, pas une garantie pour chaque maison. L’étude ne fournit pas le rendement réel des appareils, le fameux SCOP, qui mesure l’efficacité sur une saison de chauffe entière. Elle ne quantifie pas non plus l’effet rebond, par exemple le confort supplémentaire que procure la climatisation l’été.
Un foyer qui se met à rafraîchir toute la maison en juillet ajoute une consommation que l’étude ne chiffre pas.
Le périmètre compte aussi : les ménages ont installé leur PAC à la place de tout ou partie de leur chauffage. La moyenne regroupe donc des configurations différentes. Un appareil mal dimensionné ou mal réglé pourrait rogner l’économie constatée. Les valeurs de 45 et 24 kWh/m²/an décrivent uniquement le chauffage, pas la climatisation estivale.
L’ADEME indique que ses travaux se poursuivent pour évaluer les performances réelles sur un panel plus large. Pour l’instant, ces 88 foyers offrent le premier instantané fiable sur trois ans de chauffage en conditions réelles.
Combien d’appareils sont posés chaque jour ?
Observ’ER dénombre 759 500 PAC air/air installées en 2025, soit +0,2 % sur un an. Cela représente environ 2 080 appareils par jour, week-ends compris. Ce chiffre correspond aux installations comptées par l’observatoire, une méthode différente de celle des fabricants.
Uniclima, qui suit les ventes des fabricants aux distributeurs, recense 803 661 unités de moins de 17,5 kW en 2025, soit -0,1 % par rapport à 2024. Une vente à un distributeur n’est pas une pose chez le particulier, d’où l’écart avec le chiffre précédent.
Le calendrier de l’année 2025 est plus parlant que le total :
- Premier semestre : -14,1 %
- Second semestre : +31 %
Ce rebond est arrivé après les canicules de l’été. Observ’ER relève que les épisodes de fortes chaleurs ont soutenu la demande en climatisation, notamment sur les systèmes air/air. Le même observatoire indique que ce segment a davantage souffert de la faiblesse de la construction de maisons neuves.
Quelle place pour les autres modes de chauffage ?
Avec les modèles air/eau, l’ensemble des pompes à chaleur atteint 68,3 % des ventes de chauffage central individuel en 2025. Les autres systèmes — chaudières à gaz, granulés, fioul — se partagent les 31,7 % restants.
Sur une autre famille de pompes à chaleur, l’ADEME a mesuré 100 installations air/eau en maisons individuelles. Leur coefficient de performance moyen atteint 2,9, avec des valeurs allant de 1,8 à 4,5 selon les sites. Environ un tiers des installations restent sous 2,5, souvent à cause de réglages inadaptés ou de radiateurs sous-dimensionnés.
Le convecteur convertit chaque kilowattheure d’électricité en un kilowattheure de chaleur, la pompe à chaleur en restitue davantage qu’elle n’en consomme.
Ce décalage explique la progression rapide des PAC air/air, même si leur efficacité dépend de la température extérieure. Par grand froid, le rendement baisse. Mais sur une saison complète, l’écart de consommation mesuré par l’ADEME reste net.
Quelles aides pour installer une pompe à chaleur air/air ?
Une PAC air/air posée seule ne donne pas accès à MaPrimeRénov’, alors qu’une prime issue des certificats d’économies d’énergie est possible. Ces règles bougent : la suspension temporaire de MaPrimeRénov’ à l’été 2025 a d’ailleurs freiné le marché des PAC air/eau.
Le site france-renov.gouv.fr permet de vérifier ce qui s’applique à votre dossier avant d’engager des travaux. Les montants varient selon les ressources du ménage, la zone géographique et la performance de l’appareil installé.
Côté installateurs, le label RGE — Reconnu Garant de l’Environnement — reste exigé pour déclencher la plupart des aides. Un devis détaillé doit mentionner la puissance de l’appareil, le SCOP annoncé par le fabricant et le périmètre des travaux. Comparer deux ou trois propositions évite les mauvaises surprises sur le dimensionnement.
Ce que change une pompe à chaleur dans le quotidien
L’unité murale souffle de l’air, contrairement au rayonnement doux d’un radiateur. Certains ménages trouvent la sensation moins agréable. D’autres apprécient la montée en température rapide : 10 minutes suffisent pour réchauffer un salon de 25 m². L’été, le même appareil rafraîchit la pièce sans ajouter un ventilateur encombrant.
Le bruit du compresseur extérieur peut gêner les voisins si le bloc est mal placé. La réglementation impose une distance minimale par rapport aux fenêtres voisines et un niveau sonore plafonné. Les modèles récents descendent autour de 50 décibels, soit le volume d’une conversation calme.
L’entretien annuel n’est pas légalement obligatoire pour les appareils de moins de 4 kg de fluide frigorigène, mais les fabricants le recommandent pour préserver le rendement. Nettoyer le filtre de l’unité murale une fois par mois prend deux minutes, évite l’encrassement et maintient la performance.
Les 88 foyers suivis par l’ADEME ont divisé par deux leur consommation de chauffage sans changer leurs habitudes. Ce résultat moyen ouvre une question : combien de convecteurs muraux resteront accrochés au mur dans dix ans ?


