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Dégivrer son congélateur avant Noël — le geste oublié qui évite 10 € de perte

AI-illustration

En bref

Dégivrer son congélateur avant de le remplir pour les fêtes permet d'économiser environ 10 € par an et de retrouver de l'espace de rangement.

Trois points à retenir

  1. L'ADEME recommande de dégivrer tous les 6 mois ou dès que le givre dépasse 3 mm pour éviter une surconsommation.
  2. La mi-novembre est le moment idéal car le congélateur est encore peu rempli avant l'arrivée des produits de fêtes.
  3. Un congélateur givré consomme davantage et réduit l'espace disponible, avec une surconsommation pouvant atteindre 30 % selon certains fabricants.

La réponse en bref

Oui, dégivrer son congélateur avant Noël est un geste utile qui permet d'économiser environ 10 € par an et de retrouver de l'espace de rangement.

Dégivrer son congélateur avant Noël — le geste oublié qui évite 10 € de perte

Un congélateur givré consomme davantage, ralentit la circulation du froid et réduit l’espace de rangement — pourtant, la plupart d’entre nous le remplissent pour les fêtes sans l’avoir vidé une seule fois depuis des mois.

Mi-novembre, dans une cuisine du centre de Toulouse. Anne — appelons-la ainsi — ouvre son congélateur-coffre pour y glisser la bûche glacée commandée deux semaines plus tôt. Le tiroir coince, les parois portent une croûte de givre blanche, mais elle referme sans y toucher. « Je ferai le grand nettoyage en janvier », dit-elle. C’est exactement ce « plus tard » qui pose problème. Le geste à remettre à l’honneur tient en une phrase : dégivrer avant de remplir, pas après.

Pourquoi la mi-novembre est le bon moment

En novembre, le congélateur se remplit par vagues. La bûche glacée commandée à l’avance, les plats préparés du réveillon, les produits de fête achetés avant la ruée de décembre. Les parois portent déjà leur couche de givre, mais personne n’y touche. On reporte au mois de janvier, quand l’appareil sera à moitié vide. Sauf qu’en janvier, on oublie, et le givre continue d’épaissir.

Vider un appareil à moitié rempli prend bien moins de temps qu’en vider un tassé jusqu’au couvercle.

Un congélateur qu’on s’apprête à charger pour les fêtes est souvent moins plein qu’il ne le sera en décembre. Une fois les bûches et les plats entassés, le dégivrage devient un casse-tête de glacières et de voisins sollicités. Le grand dégivrage annuel se glisse rarement au bon endroit du calendrier.

Ce que dit le guide de l’ADEME

Dans son guide « Réduire sa facture d’électricité », l’ADEME recommande de dégivrer le congélateur et le réfrigérateur une fois tous les 6 mois, ou dès que la couche de givre dépasse 3 mm. L’objectif est d’éviter une surconsommation inutile. Le texte ne parle pas de rituel de fin d’année : il fixe un rythme semestriel.

La recommandation n’est pas née hier. Une ancienne édition du guide, datée de 2017, donnait un seuil de 2 à 3 mm, soit à peu près le même ordre de grandeur. Le repère officiel est donc double : 6 mois d’usage, ou 3 mm de givre — au premier des deux qui se présente.

Le guide donne aussi des repères de consommation. Un congélateur de 180 litres consomme en moyenne 308 kWh par an, soit environ 0,84 kWh chaque jour, et à peu près 154 kWh par semestre. La température conseillée est de -18 °C, un réglage à vérifier avec un thermomètre de congélateur plutôt qu’à l’œil, car le cadran d’un appareil ne reflète pas toujours la température réelle à l’intérieur.

Dix euros par an : le calcul honnête

Le gain annoncé par l’ADEME : environ 10 € par an.

C’est modeste, et il vaut mieux le dire. Le montant exact dépend du prix du kilowattheure, qui évolue, et personne ne change ses habitudes pour le prix de deux cafés en terrasse par mois. Mais le geste ne se résume pas à la facture : un appareil libéré de son givre retrouve ses volumes de rangement et ses tiroirs coulissent mieux.

Une couche de givre fait travailler davantage l’appareil, et certains fabricants avancent jusqu’à 30 % de surconsommation vers 5 mm.

Ce chiffre vient des industriels, pas du guide de l’ADEME, et il circule sous des formes variables, rattaché tantôt à 3 mm, tantôt à 5 mm. Mieux vaut le traiter comme un ordre de grandeur que comme une promesse. L’effet réel varie sans doute selon l’âge de l’appareil, son emplacement et la fréquence d’ouverture de la porte. Les deux déclencheurs de l’ADEME — le calendrier et la règle des 3 mm — restent la base la plus sûre.

Quels appareils sont concernés ?

Ce conseil ne concerne que les appareils à dégivrage manuel. Les modèles No Frost, à froid ventilé, ne sont pas visés par la recommandation, puisque le givre ne s’y accumule pas de la même manière.

Pour savoir où l’on se situe, il suffit d’ouvrir la porte. Des parois blanchies de givre ou des tiroirs soudés par la glace signalent presque toujours un dégivrage manuel, et la notice du fabricant tranche en cas de doute.

  • Les congélateurs-coffres, souvent à dégivrage manuel
  • Les vieux modèles armoire, sans système No Frost
  • Les appareils dont les parois portent une couche de glace visible

Un No Frost n’a pas besoin de ce rituel. Les propriétaires d’un congélateur-coffre ou d’un vieux modèle armoire sont donc les premiers concernés. C’est aussi chez eux que le givre se cache le mieux : au fond d’un bac profond ou derrière une pile de sacs, il s’épaissit sans que personne le remarque. Un coup de règle ou de pouce sur la paroi, l’appareil vide ou à moitié, donne une idée assez nette de l’épaisseur.

Le mode d’emploi version fin novembre

La logique est simple : on vide, on débranche, on laisse fondre, on essuie. Les produits congelés se transfèrent dans des glacières, de préférence avec des blocs réfrigérants, pour ne pas rompre la chaîne du froid pendant l’opération. Prévoir des serviettes ou une bassine au fond de l’appareil évite l’inondation de la cuisine quand la glace cède en plaques.

Côté outils, on évitera le couteau et le sèche-cheveux, qui risquent d’abîmer les parois. Une spatule en plastique suffit à décoller les plaques qui se détachent d’elles-mêmes.

Une fois l’intérieur sec, on rebranche et on laisse l’appareil retrouver -18 °C avant d’y replacer les aliments.

Cette attente peut prendre un moment, d’où l’intérêt de ne pas lancer l’opération la veille de la livraison des courses de fêtes. Le mieux est de choisir un week-end de la mi-novembre, quand les produits de Noël ne sont pas encore arrivés. La durée dépend de l’épaisseur du givre.

  1. Vider le congélateur et placer les aliments dans des glacières avec blocs réfrigérants
  2. Débrancher l’appareil
  3. Placer des serviettes ou une bassine au fond pour recueillir l’eau
  4. Laisser fondre le givre naturellement, sans forcer avec un couteau
  5. Essuyer soigneusement les parois
  6. Rebrancher et attendre le retour à -18 °C avant de remplir à nouveau

Le deuxième rendez-vous : le printemps

Un dégivrage à la fin de l’automne appelle logiquement le suivant en mai, puisque le guide parle de 6 mois. Noter la date dans un agenda ou sur un aimant collé à la porte évite de repousser l’échéance d’une année entière. Le bon réflexe est de s’y tenir même si le givre paraît encore fin.

Le réfrigérateur est également cité dans la recommandation. Son givre, qui se forme souvent sur la paroi du fond, se traite pendant que le congélateur décongèle, ce qui permet de ne faire qu’une seule opération.

Les 308 kWh par an d’un congélateur de 180 litres restent une moyenne : un appareil ancien, plus grand ou installé dans une pièce chauffée consommera probablement davantage, et le givre ne fait qu’ajouter à cette base. Avant de dégivrer, un coup d’œil à la plaque signalétique ou à la notice permet de retrouver la capacité et la consommation annoncées de son modèle, de quoi comparer ses 10 € d’économie potentielle à ses propres chiffres.

Un congélateur très sollicité en hiver peut franchir le seuil de 3 mm avant la fin des 6 mois — dans ce cas, c’est l’épaisseur qui déclenche l’action, pas le calendrier.