En bref
Sept pour cent des foyers français possèdent un lave-linge séchant, mais 80 % de ces propriétaires ne se servent jamais de la fonction séchage en raison du coût de l'électricité et de la durée trop longue.
Trois points à retenir
- Le sèche-linge classique a reculé de 9,7 % en 2025, tandis que les lave-linge séchants progressent, portés par la demande des petits logements.
- Les propriétaires citent une durée trop longue et le coût de l'électricité comme raisons principales pour ne pas utiliser le séchage.
- Les personnes seules représentaient 1 ménage sur 4 en 1990, 1 sur 3 en 2020, et leur part est projetée à la moitié des ménages en 2050.
La réponse en bref
Bien que 7 % des foyers possèdent un lave-linge séchant, 80 % ne s'en servent jamais pour sécher, principalement à cause du coût de l'électricité et de la durée trop longue des cycles.
Lave-linge séchant : 7 % des foyers en possèdent un, mais 80 % ne s’en servent jamais pour sécher
Une machine à la place de deux séduit les petits logements, pourtant huit propriétaires sur dix n’utilisent jamais la fonction séchage — et le coût de l’électricité explique en partie ce paradoxe.
Un mardi matin dans un studio parisien de 22 m². La machine vient de terminer son cycle, le tambour s’arrête, et Marie — appelons-la ainsi — regarde le cadran avec un reste d’hésitation. Elle pourrait lancer le séchage, éviter l’étendoir pliant qui prend la moitié du salon, gagner deux heures. Elle ne le fait pas. Trop long, trop cher, et surtout : elle n’y croit plus vraiment. Son lave-linge séchant, acheté il y a dix-huit mois pour gagner de la place, fait exactement ce que font 80 % de ses semblables dans les foyers français : il ne sèche presque jamais.
Pourquoi le sèche-linge classique recule de 9,7 % en 2025
Le Gifam, groupement des marques d’appareils pour la maison, a présenté le 12 février 2026 son bilan 2025 de l’électroménager en partenariat avec NielsenIQ-GfK. Le marché global pèse 9,8 milliards d’euros, en baisse de 1,3 %, et le gros électroménager atteint 5,38 milliards d’euros, soit 4,5 % de moins en valeur.
Le sèche-linge classique a reculé de 9,7 % en 2025, après un bond de 13 % l’année précédente.
Les lave-linge, eux, cèdent 3,5 %. Ce repli général s’explique par plusieurs phénomènes : inflation, prudence des ménages, allongement de la durée de vie des appareils. Mais le Gifam repère un autre mouvement, encore discret, qui progresse à contre-courant : les lave-linge séchants figurent dans la liste des appareils compacts et multifonctions qui gagnent du terrain.
Un marché compact qui avance, sans chiffres précis
Cette liste comprend aussi les lave-vaisselle de 45 cm de large et les réfrigérateurs de petite capacité, certains conçus pour être posés sur une table. Le constat du Gifam porte sur une tendance, pas sur un raz-de-marée : les ventes de lave-linge séchants progressent, sans qu’aucun chiffre propre à cette catégorie ne soit publié.
On ignore donc de combien leurs ventes augmentent. Rien ne permet de parler d’une bascule générale des ménages. Les données autorisent seulement à écrire que ces machines progressent, portées par la demande des petits logements.
Côté séchage pur, une innovation tire son épingle du jeu : les sèche-linge à pompe à chaleur gagnent 8 % en valeur, alors que la catégorie recule dans son ensemble. Ces appareils dédiés, plus économes, répondent à une autre logique que le tout-en-un.
Moins de place, moins de personnes : le logement se contracte
La raison avancée est démographique. Les personnes seules représentaient 1 ménage sur 4 en 1990, 1 sur 3 en 2020, et leur part est projetée à la moitié des ménages en 2050. Dans un studio ou un deux-pièces, la buanderie n’existe pas : la machine partage la salle de bains ou la cuisine avec tout le reste.
Les fabricants réagent en réduisant les gabarits, des lave-vaisselle de 45 cm aux mini-réfrigérateurs, et le Gifam conseille moins de 45 cm de large pour un petit espace.
Son guide de choix vise précisément la lavante-séchante, un seul appareil à brancher, à raccorder à l’évacuation et à entretenir, là où un duo lave-linge plus sèche-linge en réclame deux. Le gain recherché est double : une surface au sol en moins et, peut-être, un étendoir en moins dans les pièces à vivre.
7 % des foyers possèdent un lave-linge séchant, 80 % ne sèchent jamais
Un chiffre tempère l’enthousiasme : 7 % des foyers possèdent un lave-linge séchant, soit à peu près 1 sur 14. Cette part reste modeste, même si les ventes progressent.
Plus parlant encore, 80 % de ses propriétaires se servent rarement ou jamais du séchage. Ils citent une durée trop longue et le coût de l’électricité. S’ajoute une contrainte de bon sens : on peut sécher moins de linge qu’on n’en lave dans le même tambour. Une grosse lessive demanderait alors deux passages, ce qui allonge encore l’attente.
Le séchage intégré se pense donc comme un dépannage plus que comme un rythme quotidien. Quelques pièces pour le lendemain, un linge qui ne peut pas attendre : c’est là que l’option trouve son sens. Pour le reste, l’étendoir, replié après usage ou posé près d’une fenêtre, garde sa place.
L’étiquette énergie : un angle mort à connaître avant d’acheter
Ces machines ne sont pas concernées par l’étiquette énergie des sèche-linge. Cette étiquette est en vigueur depuis le 1er juillet 2025 pour les sèche-linge dédiés. Elle sert à comparer la consommation des appareils, notamment ceux à pompe à chaleur, dont les ventes progressent.
Pour une lavante-séchante, la comparaison avec un sèche-linge dédié ne se lit donc pas sur cette étiquette. Le coût de l’électricité figure déjà parmi les raisons d’abandon du séchage.
Avant d’acheter, mieux vaut relever la consommation annoncée par le fabricant pour le cycle de séchage, et pas seulement celle du lavage.
Trois questions à se poser avant de craquer pour le tout-en-un
Première question : combien de linge faut-il réellement sécher en machine ? Une personne seule, qui lave peu à la fois, n’a pas les mêmes besoins qu’une famille. Si le séchage se limite à quelques pièces, le tout-en-un pourrait suffire.
Deuxième point : la patience. La durée trop longue figure parmi les motifs d’abandon du séchage, et un linge à porter le soir même oblige à lancer la machine tôt.
Troisième question : quelle surface faut-il vraiment libérer ? Quand la place le permet, un sèche-linge dédié reste pertinent, et les modèles à pompe à chaleur ont gagné 8 % en valeur en 2025. Quand la largeur manque, la lavante-séchante de moins de 45 cm devient une piste sérieuse. Dans les deux cas, l’étendoir conserve son utilité pour les textiles délicats.
Un marché qui s’adapte aux foyers d’une personne
Le marché continue de se tourner vers les formats réduits. Après les lave-vaisselle de 45 cm et les réfrigérateurs posés sur une table, la lavante-séchante complète une gamme pensée pour des foyers de plus en plus souvent composés d’une seule personne. Les marques devront se réinventer pour s’adapter à cette évolution de la société.
Reste un angle mort : le bilan du Gifam ne publie aucune part de marché pour les lave-linge séchants. Les 7 % de foyers équipés constituent, pour l’instant, le seul repère chiffré — et ces 80 % d’utilisateurs qui ne sèchent jamais posent une question que les fabricants n’ont pas encore résolue.


