En bref
La taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) s'applique aux maisons familiales meublées conservées après un décès, même si elles sont peu utilisées, et l'imposition dépend de la situation au 1er janvier de l'année.
Trois points à retenir
- La taxe d'habitation subsiste pour toutes les résidences secondaires meublées, même si vous n'y passez que quelques week-ends par an.
- La situation au 1er janvier détermine l'imposition : une maison encore meublée à cette date génère un avis à l'automne, même si elle est vidée ensuite.
- Vider la maison de ses meubles avant le 1er janvier permet d'échapper à la THRS, mais peut relever d'un autre régime fiscal selon la commune.
La réponse en bref
Ce n'est pas une erreur : la THRS s'applique aux résidences secondaires meublées, même peu utilisées, si elles sont disponibles au 1er janvier. Pour éviter cette taxe, il faut vider la maison de ses meubles avant cette date ou la louer comme résidence principale.
Maison des parents gardée meublée : l’avis de taxe d’habitation qui surprend en novembre
Vous avez conservé la maison familiale meublée pour quelques week-ends par an et découvrez en novembre un avis de taxe d’habitation à votre nom : ce n’est pas une erreur, c’est la THRS qui s’applique aux résidences secondaires.
Les clés sont restées dans le tiroir de l’entrée, les draps dans l’armoire de la chambre du fond. Personne n’y dort vraiment, mais tout est là, intact, prêt à accueillir un week-end de tri qui n’arrive jamais. Puis début novembre, une notification tombe dans l’espace impots.gouv : un avis de taxe d’habitation, à votre nom. Vous pensiez pourtant que cet impôt avait disparu.
Ce qui a disparu, ce qui reste en 2026
La réforme n’a supprimé la taxe d’habitation que pour les résidences principales. Depuis le 1er janvier 2023, si vous vivez dans votre logement à titre principal, vous ne payez plus. Mais la taxe subsiste pour toutes les résidences secondaires, sous le nom de THRS — taxe d’habitation sur les résidences secondaires.
Une maison meublée qui n’est la résidence principale de personne entre dans cette catégorie, même si vous n’y passez que quatre week-ends par an.
Le critère retenu par l’administration fiscale est simple : la possibilité d’occuper le logement à tout moment. La fréquence des séjours n’entre pas en ligne de compte. Que vous y alliez tous les mois ou jamais, le raisonnement reste identique : la maison est disponible, meublée, et vous en avez la clé.
Beaucoup de personnes reçoivent cet avis en pensant à une erreur. Pendant des années, la taxe d’habitation était l’impôt qu’on payait là où l’on vivait. Les titres de presse ont répété qu’elle était « supprimée », et le mot « résidence principale » a disparu des gros titres — pas de la loi.
La date du 1er janvier qui détermine tout
La THRS dépend de la situation du logement au 1er janvier de l’année en cours. C’est la photographie de cette date qui fait foi, pas ce qui s’est passé ensuite. Une maison encore meublée au 1er janvier 2026 donne lieu à un avis à l’automne 2026, même si le déménagement a eu lieu au printemps.
Prenez un décès survenu à l’automne et un tri qui s’étire pendant l’hiver. Si les meubles sont toujours là au 1er janvier suivant, l’imposition de l’année est déclenchée. Le fisc ne regarde pas vos intentions de vider les lieux, ni le calendrier que vous vous êtes fixé.
Le calendrier de décision se joue donc en décembre, pas en novembre quand l’avis arrive.
Qui paie la taxe : propriétaire, indivision ou occupant à titre gratuit
La taxe est due par la personne qui a la disposition ou la jouissance du logement. Le texte cite trois cas de figure :
- Le propriétaire qui occupe ou laisse disponible son bien
- Le locataire qui en fait sa résidence secondaire
- L’occupant à titre gratuit, même sans loyer
Après un décès, la maison est souvent en indivision entre plusieurs héritiers, parfois pendant des mois, voire des années. L’avis peut alors être adressé à celui qui détient les clés et décide de l’usage de la maison, plutôt qu’à tous les cohéritiers. Le fisc désigne un redevable. La répartition de la charge entre frères et sœurs se règle ensuite en famille, au moment du partage ou avant, par un simple accord écrit.
Un frère ou une sœur qui loge dans la maison sans verser de loyer peut être le redevable, à condition que ce ne soit pas sa résidence principale.
S’il y vit à l’année et que c’est son domicile fiscal, la logique de la résidence principale s’applique et la THRS ne devrait pas être réclamée.
Le calendrier 2026 de l’avis et du paiement
Les avis sont disponibles en ligne à compter du 2 novembre 2026 pour les contribuables non mensualisés. Pour les mensualisés, la mise à disposition démarre le 16 novembre. Les avis papier sont remis entre le 5 et le 16 novembre.
Le paiement doit intervenir avant le 15 décembre 2026. Ceux qui paient en ligne ou par prélèvement à l’échéance verront leur compte débité le 28 décembre, soit trois jours après Noël — un détail qui compte quand on a prévu son budget des fêtes.
Le montant figure sur l’avis et dépend de la commune et du logement. La majoration éventuelle ne concerne que les communes situées en zone tendue. Une maison de famille en milieu rural ou dans une petite ville n’y est généralement pas confrontée, mais l’avis lui-même reste la seule référence fiable.
Vider la maison ou la louer : ce qui change l’imposition
Une maison débarrassée de ses meubles avant le 1er janvier ne relève plus de la THRS, puisque la taxe vise les logements meublés. Cela ne signifie pas qu’elle échappe à tout impôt spécifique. Un logement vide et non meublé relève d’un autre régime, la taxe sur les logements vacants, qui ne s’applique que dans certaines communes.
Aucun des deux régimes n’est une fatalité — il faut regarder dans quelle commune se situe la maison, et si elle est concernée par la taxe sur les logements vacants.
La location modifie aussi l’équation. Si un locataire en fait sa résidence principale, le logement n’est plus une résidence secondaire du propriétaire, et la THRS ne devrait plus lui être réclamée. L’inverse vaut aussi : un locataire qui prend la maison comme résidence secondaire peut, lui, être redevable de la taxe, puisque le texte vise la disposition du logement et non la propriété.
Meublé ou non au 1er janvier, le curseur tient là.
La déclaration d’occupation à tenir à jour
Chaque propriétaire doit déclarer la situation de son bien dans la rubrique « Gérer mes biens immobiliers » de son espace sur impots.gouv.fr. On y indique si le logement est occupé, loué, vacant ou s’il s’agit d’une résidence secondaire. Beaucoup oublient d’y retourner après un décès ou un changement d’usage.
Cette déclaration alimente la situation retenue par l’administration. Si la maison a été vidée ou louée sans mise à jour, l’ancienne situation peut continuer d’être appliquée, et l’avis suivant reproduira l’erreur. Une correction faite dans l’année évite de découvrir le problème en novembre.
Si l’avis reçu ne correspond pas à la réalité — par exemple une maison vide et sans meubles au 1er janvier — une réclamation est possible depuis l’espace en ligne.
Il vaut mieux garder des preuves de la date du vidage : facture de déménagement, de débarras ou de vente de mobilier. Ces documents peuvent faire la différence en cas de contestation.
Dernier point pour qui possède plusieurs biens : un propriétaire de logements situés dans des communes différentes reçoit un avis par commune. La maison familiale peut donc arriver séparément de tout le reste, ce qui ajoute à la surprise de novembre.


