Verre ambré Duralex années 70 : il vaut aujourd’hui jusqu’à 100 €
Ce verre empilable couleur miel, oublié au fond de votre placard, se négocie désormais entre 30 et 100 € le lot sur les sites de seconde main.
Samedi matin, en cherchant un plat pour le barbecue, Sophie ouvre le buffet de la cuisine et tombe sur une pile de verres ambrés. « Ça appartenait à ma grand-mère, je croyais que ça ne valait plus rien. » Pourtant, sur Selency et Leboncoin, ces mêmes verres Duralex des années 70 font l’objet d’enchères enflammées. Entre nostalgie estivale et tendance vintage, un simple objet du quotidien est devenu un trésor de décoration — et une petite fortune pour ceux qui savent les reconnaître.
Pourquoi ces verres ambrés reviennent-ils en force cet été 2025 ?
La couleur d’abord : ce ton ambré, chaud et lumineux, évoque immédiatement l’esprit années 70, les tablées de vacances en bord de mer et les apéritifs sous le soleil. Cet été, alors que la tendance mise tout sur le lin, le rotin et les matières naturelles, ces verres s’imposent sur les terrasses branchées, dans les magazines de déco et jusque dans les concept stores parisiens.
Leur silhouette arrondie, leur épaisseur rassurante et leur look délicieusement désuet apportent convivialité et authenticité aux tables contemporaines.
Dans un contexte où la seconde main n’est plus un gadget mais un réflexe, ces objets longtemps relégués au fond des armoires séduisent une nouvelle génération. Ils cochent toutes les cases du mouvement slow life : ralentir, apprécier les choses simples, transmettre l’histoire des objets. Sur Instagram et Pinterest, les mises en scène se multiplient, associant ces verres à des nappes en coton froissé, des bouquets de fleurs séchées et des touches méditerranéennes typiques de l’été.
Duralex : l’histoire d’une icône française née en 1945
Derrière ce phénomène, un nom de légende : Duralex. Fondée en 1945, la marque a marqué des générations de Français avec ses verres empilables, stars des cantines scolaires. Mais c’est dans les années 70 que Duralex révolutionne l’art de la table en lançant ses collections colorées, dont le fameux verre ambré.
Le secret de sa longévité ? Un procédé unique de verre trempé qui rend ces pièces ultra-solides. Résultat : ces verres résistent aux chocs, supportent les grandes tablées d’été et produisent cette sonorité si particulière quand on les entrechoque à l’apéritif. Cette robustesse exceptionnelle explique qu’on les retrouve encore aujourd’hui en bon état, cinquante ans après leur fabrication.
La production des coloris iconiques, dont l’ambre, a été arrêtée… juste avant leur retour fracassant dans les désirs déco du moment.
Comment reconnaître un vrai verre ambré Duralex des années 70 ?
Pour dénicher l’original dans vos placards, quelques indices ne trompent pas :
- La couleur : un effet ambré intense, teinté dans la masse, ni trop jaune ni trop orange
- La forme : le modèle « Gigogne », empilable et rond au bord épais, ou le « Picardie » avec ses lignes cannelées
- Le marquage : « Duralex – Made in France » gravé sous le verre, parfois légèrement effacé par le temps
- Le poids : nettement plus lourd que les imitations récentes
Prenez le temps d’observer chaque verre. Certaines séries rares, micro-rayées par les décennies, sont particulièrement recherchées pour leur patine unique.
Les pièges à éviter
Attention aux copies récentes qui envahissent les rayons déco cet été : leur teinte, souvent moins profonde, et leur légèreté trahissent le manque d’authenticité. En brocante ou sur Leboncoin, vérifiez systématiquement la base du verre : la finition légèrement arrondie du fond et la mention d’origine sont de bons repères. Chez Emmaüs ou en vide-greniers, n’hésitez pas à demander à voir d’anciens lots fermés plutôt que les annonces trop alléchantes sans preuve d’ancienneté.
À combien s’échangent ces verres aujourd’hui ?
Qui aurait imaginé que ces verres du quotidien, vendus à l’époque par lots familiaux à prix modique, deviendraient si convoités ? Depuis quelques mois, les prix grimpent sur les plateformes spécialisées :
- Un lot de 6 verres ambrés en très bon état : entre 30 et 40 €
- Les séries iconiques ou grandes tailles : jusqu’à 70 € le lot
- Les modèles rares, en coffrets d’origine ou formats peu diffusés : jusqu’à 100 € lors de ventes entre collectionneurs
Un simple verre oublié peut donc représenter un vrai petit pactole, de quoi financer une nouvelle touche déco pour l’été.
Ce phénomène s’explique par la rareté progressive des séries originales et l’engouement actuel pour tout ce qui évoque les années 70 et l’ambiance estivale. Les collectionneurs traquent particulièrement les lots complets, sans ébréchure, dans leur patine d’origine.
Où vendre ou acheter ces verres cultes ?
Plusieurs options s’offrent aux chineurs et vendeurs :
- Plateformes de seconde main : Leboncoin, Vinted, Selency regorgent d’annonces — vérifiez toutefois l’état et l’authenticité avant d’acheter
- Brocantes et vide-greniers : idéal pour négocier directement et repérer d’autres trésors cachés
- Groupes Facebook dédiés au vintage : certains passionnés échangent astuces et bons plans, loin du tumulte des marketplaces
Pour vendre, misez sur de belles photos en lumière naturelle avec une mise en scène estivale : quelques fleurs fraîches, des fruits, une nappe en lin. Ces détails influencent souvent la rapidité et le prix de vente. Côté achat, méfiez-vous des copies à petit prix qui inondent le marché pendant l’été : mieux vaut privilégier la qualité, l’authenticité et la patience.
Pourquoi ces objets du quotidien nous touchent-ils autant ?
Au-delà de leur valeur marchande, ces verres ambrés témoignent de notre envie de nous entourer d’objets avec une vraie histoire. Cet été, l’art de vivre à la française s’incarne dans la capacité à magnifier l’ordinaire : les apéritifs sur la terrasse, les petits-déjeuners partagés sous le soleil, les goûters d’enfance.
Redécouvrir ce type d’objets, c’est choisir de consommer différemment : ralentir, chiner, préférer la qualité à la quantité.
Rien n’égale le plaisir de dresser une table d’été avec ces pièces cultes, partagées de génération en génération. Les verres ambrés Duralex incarnent cette transmission : ils rappellent l’enfance, le goût simple des moments partagés, et invitent à donner un second souffle à des objets intemporels, bien loin de la surconsommation et de la fast decoration.
La chasse aux trésors de l’été ne se limite plus aux marchés ou aux brocantes : elle commence peut-être dans votre propre buffet de cuisine, là où sommeille, depuis des décennies, un fragment oublié de notre patrimoine du quotidien.


