Canicule : éteindre vos multiprises bat tous les volets fermés — le ministère confirme
Un geste d’une seconde sur vos multiprises refroidit votre logement plus efficacement que toutes les fermetures de volets — et presque personne n’y pense.
Il est 14 heures un mardi de juillet, le thermomètre affiche 38 °C à l’ombre. Dans le salon, volets clos depuis le matin, l’air reste épais. Vous avez barricadé chaque fenêtre côté sud, tiré les stores, créé une pénombre de caverne. Pourtant, une chaleur sourde persiste entre les murs. D’où vient-elle si tout est calfeutré ? La réponse se cache dans un détail que nous négligeons tous : nos appareils en veille dégagent une chaleur résiduelle invisible — et le ministère de la Santé vient de rappeler un réflexe qui change tout.
Pourquoi volets fermés et fenêtres closes ne suffisent plus
La France vient de traverser un épisode qualifié d’étendu, durable et intense par Météo-France. Au plus fort de la vague de chaleur, 58 départements se sont retrouvés placés en alerte rouge, 31 autres en alerte orange. Face à cette flambée du mercure, nous appliquons tous les mêmes rituels : fermer les volets du côté ensoleillé, calfeutrer chaque ouverture, transformer son intérieur en bunker d’ombre.
Ces gestes restent indispensables — mais ils n’empêchent pas la chaleur interne de s’installer.
Même dans une pièce hermétiquement close, l’air devient lourd, étouffant. La raison ? Une multitude de sources de chaleur domestiques continuent de fonctionner silencieusement, transformant votre salon en étuve malgré tous vos efforts d’isolation.
Le geste d’une seconde que personne ne fait
Le ministère de la Santé le martèle dans ses recommandations officielles : limiter les sources de chaleur à l’intérieur du logement. La consigne semble évidente sur le papier, floue dans la pratique. Jusqu’à ce qu’on précise l’action concrète.
Éteindre les appareils électriques qui dégagent de la chaleur — et surtout les débrancher de leurs multiprises.
Ce n’est pas le bouton «off» de la télécommande qui compte. C’est le clic physique sur l’interrupteur de la multiprise. Car même en veille, un téléviseur récent, une box internet, un ordinateur en hibernation, une console de jeux continuent de produire de la chaleur. Pas des flammes spectaculaires, mais un rayonnement diffus qui, multiplié par dix appareils dans un appartement de 60 m², élève la température ambiante de plusieurs degrés.
- Box internet et décodeur TV : jusqu’à 15 W chacun en veille, soit l’équivalent d’une petite résistance chauffante
- Ordinateur portable non éteint : entre 5 et 10 W selon les modèles
- Chargeurs branchés sans appareil : 2 à 5 W par unité
- Console de jeux en veille : jusqu’à 12 W
Additionnés, ces watts invisibles agissent comme un radiateur électrique d’appoint que vous auriez oublié d’éteindre en plein mois d’août.
À quel moment aérer pour ne pas tout gâcher ?
Une fois vos multiprises coupées, reste la question du renouvellement de l’air. Le ministère est formel : ouvrir grand les fenêtres tôt le matin, le soir ou la nuit, dès que l’air extérieur se rafraîchit. Pas en milieu de journée, même si la tentation est forte.
L’idéal ? Créer un courant d’air traversant entre 5 heures et 8 heures du matin, puis à nouveau après 21 heures. Entre ces créneaux, tout doit rester hermétiquement clos. C’est contre-intuitif — notre instinct nous pousse à chercher de l’air — mais c’est la seule stratégie qui fonctionne quand le mercure extérieur dépasse 35 °C.
En ouvrant en pleine chaleur, vous invitez la fournaise à l’intérieur ; en attendant la fraîcheur nocturne, vous piégez l’air tempéré.
Que faire si la chaleur persiste malgré tout ?
Même avec volets fermés, appareils débranchés et aération nocturne, certains logements — mal isolés, sous les toits, exposés plein sud — restent invivables. Le ministère recommande alors de passer deux à trois heures par jour dans un lieu frais public.
Les refuges les plus efficaces :
- Bibliothèques municipales climatisées
- Cinémas en matinée
- Musées et centres commerciaux
- Églises anciennes aux murs épais
Attention au piège de la voiture garée au soleil : l’habitacle peut dépasser 50 °C en moins de quinze minutes. Si vous devez vous déplacer, prévoyez de l’eau et évitez les heures de pointe thermique entre 12 heures et 17 heures.
Pour des conseils personnalisés, le numéro vert Canicule info service reste actif pendant toute la durée de l’épisode. Un service gratuit, anonyme, tenu par des professionnels de santé.
Ce que l’État met en place à grande échelle
Face à la répétition et à l’intensification des vagues de chaleur, les pouvoirs publics actionnent des leviers structurels. Une première version du nouveau plan ORSEC Chaleurs extrêmes vient d’être présentée en commission nationale. Le Premier ministre a débloqué 100 millions d’euros pour équiper les hôpitaux en systèmes de rafraîchissement d’urgence.
L’enveloppe du plan de rénovation énergétique hospitalier a doublé, passant de 300 à 600 millions d’euros.
Ces chiffres traduisent une réalité brutale : les épisodes caniculaires ne sont plus des anomalies, mais des rendez-vous estivaux réguliers. L’adaptation ne se joue plus seulement dans les bâtiments publics — elle commence dans nos gestes quotidiens, dans nos multiprises éteintes, dans nos fenêtres ouvertes au bon moment.
L’alliance entre volets et prises : la formule gagnante
Volets fermés + multiprises éteintes + aération nocturne. Cette triade fonctionne parce qu’elle agit sur les trois sources de chaleur domestique : le rayonnement solaire externe, la production électrique interne, et le renouvellement d’air au moment stratégique.
Aucune de ces actions ne coûte un centime. Aucune ne demande plus de quelques secondes. Ensemble, elles abaissent la température ressentie de 3 à 5 °C dans un logement moyen — l’équivalent d’un climatiseur d’appoint, sans la facture électrique ni l’empreinte carbone.
L’été prochain sera probablement aussi chaud, sinon plus. Autant installer dès maintenant les réflexes qui transforment un intérieur étouffant en havre respirable, un clic de multiprise à la fois.


