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15 usages du savon de Marseille passés au crible : lesquels sont vraiment conseillés ?

En bref

L'Union des Professionnels du Savon de Marseille définit trois critères d'authenticité (composition, procédé, origine) et classe quinze usages courants selon leur niveau de recommandation, du lavage des mains (recommandé) à l'hygiène intime (à éviter).

Trois points à retenir

  1. Un Savon de Marseille authentique contient au maximum quatre matières premières, sans parfum, colorant, conservateur, graisse animale ni additif, et est fabriqué selon le Procédé Marseillais dans les Bouches-du-Rhône.
  2. Les usages recommandés incluent la toilette des mains, la lessive maison, le détachage des taches grasses, la vaisselle et le nettoyage des sols carrelés.
  3. L'hygiène intime et les usages détournés comme traitement insecticide ou dentifrice sont à éviter, tandis que la toilette du visage et le shampoing nécessitent des précautions.

La réponse en bref

Parmi les quinze usages, ceux liés au nettoyage (mains, linge, vaisselle, sols) sont recommandés, tandis que les usages sur zones sensibles (hygiène intime, bébés) ou détournés (dentifrice, insecticide) sont à éviter ou nécessitent des précautions.

Pourquoi l’authenticité du Savon de Marseille change tout

Un cube vert près de l’évier, des copeaux fondus dans un bocal, ou encore un pain glissé entre les pulls dans l’armoire : le Savon de Marseille s’est installé durablement dans nos intérieurs. On lui attribue une quinzaine d’usages différents, du linge à la salle de bains en passant par le jardin. Mais dans les faits, tous ces usages sont-ils vraiment justifiés ?

Avant de répondre à cette question, un point essentiel s’impose : s’assurer que le produit que l’on utilise est bien un Savon de Marseille authentique. L’Union des Professionnels du Savon de Marseille le dit sans détour : « La plupart des savons dits « de Marseille » n’en sont pas ! » Ce constat explique à lui seul bien des résultats décevants au quotidien.

Ce que l’UPSM définit comme un Savon de Marseille véritable

Fondée en 2011, l’Union des Professionnels du Savon de Marseille (UPSM) a pour mission de défendre et de promouvoir le savon traditionnel, notamment en obtenant une Indication Géographique pour ce savoir-faire propre aux Bouches-du-Rhône. L’organisation a établi trois critères d’authenticité précis : la composition, le procédé de fabrication et l’origine géographique.

Sur la formule, l’UPSM est catégorique : « Les matières premières sont au nombre de quatre, au maximum. Aucun parfum, aucun colorant, aucun conservateur, aucune graisse animale et aucun additif ne sont autorisés dans le Savon de Marseille traditionnel. » Une liste d’ingrédients aussi courte, c’est aussi la garantie de mauvaises surprises limitées.

Le mode de fabrication est tout aussi déterminant. Le savon doit obligatoirement être cuit à chaud selon le « Procédé Marseillais », qui se déroule en cinq étapes bien définies : empâtage, relargage, cuisson, lavage et liquidation. Ce savoir-faire centenaire se perpétue dans le département des Bouches-du-Rhône, considéré comme le berceau historique du Savon de Marseille. L’UPSM rappelle d’ailleurs que « le savon est un produit vivant, il évolue, change selon les récoltes, les saisons… », une réalité que les maîtres savonniers surveillent attentivement avant chaque mise sur le marché.

Comment évaluer les 15 usages les plus courants du Savon de Marseille

Pour y voir clair parmi les quinze usages les plus fréquemment mentionnés, un principe de base s’avère très utile : plus l’usage reste proche de la fonction première du savon — nettoyer — plus il a de chances d’être réellement recommandé. Le lavage des mains, des textiles ou des surfaces rincées se situe dans la zone de confort naturelle de ce produit. En revanche, dès qu’il s’agit de zones corporelles sensibles, de matériaux fragiles ou de promesses à caractère médical, la prudence s’impose.

Voici un tour d’horizon des 15 usages les plus souvent cités, et leur niveau de recommandation :

  • Toilette des mains : recommandé au quotidien.
  • Douche du corps : recommandé selon la tolérance cutanée.
  • Lessive maison pour le linge : recommandé.
  • Détachant avant lavage : recommandé sur les taches grasses.
  • Vaisselle à la main : recommandé à condition de bien rincer.
  • Nettoyant pour sols carrelés : recommandé.
  • Nettoyant pour plans de travail non poreux : recommandé.
  • Nettoyage des pinceaux de maquillage ou de peinture : recommandé.
  • Toilette du visage : à utiliser avec précautions, surtout pour les peaux sèches.
  • Shampoing fréquent : à utiliser avec précautions, risque de dessèchement du cuir chevelu.
  • Hygiène intime : à éviter, zone trop sensible.
  • Toilette quotidienne des bébés : à utiliser avec précautions, un avis médical est conseillé.
  • Antimites dans les armoires : usage traditionnel, mais efficacité variable.
  • Nettoyant pour le cuir : à utiliser avec précautions, tester d’abord sur une zone cachée.
  • Traitement insecticide ou dentifrice : à éviter, ce sont des usages détournés.

Savon de Marseille authentique : sécuriser ses usages au quotidien

Pour que ces usages restent pleinement fiables, tout commence dès l’achat. Lire attentivement l’étiquette permet de vérifier une liste d’ingrédients très courte, une fabrication dans les Bouches-du-Rhône et, idéalement, la présence du logo UPSM. L’organisation est formelle à ce sujet : « Pour être sûr d’être en possession d’un authentique savon de Marseille, exigez ce logo ! »

Une fois ce produit authentique en main, chaque nouvel usage mérite une rapide mise au point : cherche-t-on vraiment à nettoyer, ou tente-t-on de remplacer un soin spécifique, voire un traitement médical ? L’UPSM rappelle l’ambition de sa marque collective : « Cette marque a comme objectif de préserver, perpétuer et promouvoir un savoir-faire traditionnel unique, à garantir une qualité d’excellence, maîtrisée par des hommes formés souvent de génération en génération. » Avec cette perspective, le cube de Savon de Marseille redevient un allié solide du quotidien — à condition de ne pas lui demander ce qu’il ne peut raisonnablement pas offrir.