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Solivage de plancher : 4 étapes qui tiennent votre maison debout

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Solivage de plancher : 4 étapes qui tiennent votre maison debout

Si une poutre cède sous un plancher d’étage, c’est rarement la qualité du bois qui est en cause — c’est l’ignorance des règles de solivage qui laisse la structure sans ossature réelle.

Un artisan pousse la porte d’un pavillon des années 80, mètre et niveau laser à la main. Le diagnostic est rapide : le plancher de l’étage ondule légèrement sous les pas, signe que les solives d’origine n’ont jamais été dimensionnées pour supporter la charge réelle. Pas de drame visible, mais une déformation lente qui, un jour, nécessitera une réfection complète. Le solivage, c’est cette charpente invisible qui sépare un plancher stable d’un futur chantier coûteux.

Qu’est-ce que le solivage, concrètement ?

Le solivage désigne l’ensemble des solives — ces poutrelles en bois massif — assemblées pour constituer l’ossature porteuse d’un plancher à l’étage. Elles reçoivent non seulement le poids du revêtement et du mobilier, mais aussi celui des occupants qui circulent dans la pièce.

Contrairement aux madriers ou bastaings réservés aux charpentes de toiture, les solives restent de section modeste. Elles se fixent perpendiculairement à la lambourde et peuvent soutenir un plancher supérieur, un plafond suspendu sous combles ou une terrasse bois.

Sans technique de fixation rigoureuse, aucune robustesse réelle : les solives mal posées finissent par fléchir.

Quels bois et quels types de solives choisir ?

Les professionnels privilégient le bois massif à forte densité : chêne, châtaignier, ou résineux comme l’épicéa et le mélèze. Chacun impose des dimensions de section différentes pour supporter la même charge.

  • Sapin : section recommandée de 5 cm × 15 cm
  • Chêne ou hêtre : section de 10 cm × 10 cm
  • Frêne ou merisier : section de 12 cm × 12 cm

Il existe plusieurs configurations de solives selon leur position dans le solivage :

La solive boiteuse — aussi appelée « solive bâtarde » — prend appui sur un mur d’un côté et une poutre de l’autre. La solive courante se fixe entre deux chevêtres, murs ou poutres. Le chevêtre, pièce perpendiculaire, relie les solives entre elles pour assurer la cohésion de l’ensemble. Enfin, la solive d’enchevêtrure, encastrée de mur à mur, soutient linçoirs et chevêtres : c’est une pièce porteuse.

Toutes les charpentes acceptent-elles le solivage ?

Non. Cette technique convient aux bâtiments à ossature bois simple, dont la structure repose directement sur des murs porteurs. Lorsque la charpente s’appuie sur des poteaux, le solivage devient impossible : la géométrie des charges change et impose d’autres solutions constructives.

Confier le chantier à un professionnel qui maîtrise le calcul des charges admises n’est pas une option — c’est une condition de sécurité.

Quelles normes respecter obligatoirement ?

Le solivage obéit à un cadre technique strict, que seuls des spécialistes formés appliquent de façon fiable :

  • Le DTU (Document Technique Unifié) régit les types de constructions bois et leur mise en œuvre.
  • Les bois doivent être certifiés NF PEFC et/ou NF FSC, garantissant traçabilité, stabilité et sécurité.

Ces normes encadrent la qualité du matériau, les sections, les entraxes et les modes de fixation. Tout écart fragilise la structure.

Comment calculer le nombre et la section de solives ?

Pour dimensionner correctement un solivage, trois paramètres entrent en jeu :

  1. Le poids total : plancher, mobilier, aménagements, occupants
  2. Le type et la dimension du bois, qui déterminent la résistance à la flexion
  3. La portée, c’est-à-dire la distance entre les points d’appui

On mesure la largeur de la pièce en centimètres, on divise par 40, puis on ajoute 1 solive de départ : cela donne le nombre total. L’espacement standard entre solives est de 40 cm. Le facteur charge appliqué au bois choisi affine le calcul final : un chêne supporte une charge supérieure à celle d’un épicéa de même section.

Les 4 étapes de pose d’un solivage

1. Mesure et repérage au mur

On trace des repères sur les deux murs opposés à 2,50 m du sol — hauteur standard sous plafond — de préférence au niveau laser. Ces repères guident la fixation des deux premières solives, dites solives murales.

2. Fixation des solives murales

Chaque solive murale est percée au foret à bois sur toute sa longueur, puis fixée au mur par goujons d’ancrage après vérification au niveau. Ces deux pièces constituent l’ossature périphérique du solivage.

3. Installation des solives traversantes

Un madrier de 50 mm × 50 mm se fixe sur les solives murales. Les solives traversantes, coupées à dimension, reçoivent une encoche à chaque extrémité pour s’appuyer sur ce madrier. Elles sont ensuite clouées ou fixées par sabots métalliques de charpente, en respectant un espacement de 40 cm.

4. Pose des entretoises

Les entretoises — pièces transversales courtes — se placent entre les solives traversantes pour maintenir l’espacement et rigidifier l’ensemble. La première se positionne à 15 cm du mur, les suivantes tous les 150 cm, la dernière près du mur opposé. Elles se clouent aux deux solives qu’elles relient.

Sans entretoises, les solives peuvent se déformer latéralement sous charge — ce que le calcul initial ne prévoit jamais.

Quel budget prévoir pour un solivage de plancher ?

Le coût final dépend de deux éléments principaux : la qualité du bois (chêne, hêtre, bois exotique) et la surface à couvrir en mètres carrés.

Les charpentiers professionnels proposent généralement un tarif compris entre 40 € et 70 € HT/m². Ce prix inclut fourniture, calcul des charges, découpe, pose et fixation dans les règles de l’art.

Un solivage de 30 m² en sapin avec entretoises peut ainsi se situer autour de 1 200 € à 1 500 € HT, tandis qu’un chantier en chêne de 50 m² dépassera facilement 3 000 € HT.

Au-delà du devis brut, il faut vérifier que le professionnel maîtrise les DTU bois, qu’il utilise des matériaux certifiés NF PEFC ou FSC, et qu’il intègre le calcul des charges dans son intervention. Un solivage sous-dimensionné ou mal fixé finit toujours par céder — et la réparation coûte deux fois plus cher que la construction initiale.