En bref
Fermer les volets dès 17 h 30 réduit jusqu'à 60 % des déperditions de chaleur par les fenêtres, évitant ainsi de monter le thermostat d'un degré qui coûte 7 % de consommation supplémentaire.
Trois points à retenir
- Fermer les volets peut réduire jusqu'à 60 % des pertes de chaleur qui passent par les fenêtres, sans artisan ni chantier.
- Monter le thermostat d'un degré ajoute environ 7 % à la facture de chauffage.
- Le prix repère du gaz augmente de 6,6 % au 1er novembre 2026, soit environ 12 € TTC supplémentaires pour les foyers concernés.
La réponse en bref
Fermer les volets dès 17 h 30 limite les pertes de chaleur par les vitres et évite de monter le thermostat, réduisant ainsi la consommation de chauffage sans investissement.
Facture de chauffage : pourquoi fermer les volets dès 17 h 30 change tout
Monter le thermostat dès que la nuit tombe coûte environ 7 % de consommation supplémentaire, alors qu’un simple geste aux fenêtres limite jusqu’à 60 % des pertes de chaleur par les vitres.
Il est 17 h 45, la lumière décline, la pièce semble soudain moins accueillante. Le premier réflexe ? Tourner la molette du radiateur d’un cran vers le haut. Pourtant, la vraie fuite se joue à quelques centimètres : la vitre nue, transformée en surface froide, évacue la chaleur plus vite que le chauffage ne la produit. Le volet reste ouvert, le thermostat grimpe, la facture aussi.
Ce que représentent vraiment « jusqu’à 60 % » de pertes en moins
Le guide « Un hiver tout confort » de l’ADEME l’annonce sans détour : fermer les volets peut réduire jusqu’à 60 % les déperditions de chaleur qui passent par les fenêtres. Ce chiffre ne porte pas sur la facture entière, mais sur cette portion précise des pertes thermiques.
Dans un logement non isolé, les fenêtres pèsent 10 à 15 % du total des fuites de chaleur.
Le reste se répartit autrement :
- 25 à 30 % pour le toit
- 20 à 25 % pour les fuites d’air et le renouvellement de l’air
- 20 à 25 % pour les murs
Les fenêtres ferment la marche, mais c’est la seule source de perte qu’on colmate sans artisan, sans chantier et en dix secondes. Même avec du double vitrage, le geste limite les pertes — l’ADEME ne publie pas de pourcentage fiable dans ce cas, mais la logique physique reste identique : une lame d’air figée entre vitre et volet freine l’évacuation de la chaleur.
Un degré de chauffage en trop : 7 % de consommation en plus
Le repère est connu : 1 °C de moins au thermostat représente environ 7 % de consommation de chauffage en moins. Inversement, compenser une sensation de froid en montant d’un degré ajoute 7 % à la facture.
Or ce froid ressenti ne vient pas d’une panne ni d’un réglage défaillant. Il vient de la vitre froide, contre laquelle l’air intérieur se refroidit par simple contact. Le radiateur chauffe, la vitre refroidit, et le thermostat grimpe pour combler un écart qui ne cesse de se creuser.
Fermer le volet ou tirer un rideau épais agit directement sur la cause : la vitre cesse d’être en contact avec l’air glacé de la nuit.
La pièce reste confortable sans recourir au chauffage supplémentaire. Le geste de la main déplace la facture dans un sens ou dans l’autre, à consommation égale de confort.
À quelle heure exactement tirer les volets ?
Le guide de l’ADEME recommande de fermer volets et rideaux dès que la lumière extérieure n’entre plus dans le logement. En ce moment, cela correspond à 17 h 30-17 h 40, avec un léger décalage selon la région et l’exposition.
Le calendrier suit la lumière, pas l’horloge. Les jours ensoleillés, il faut au contraire ouvrir en grand pour profiter du rayonnement solaire gratuit, surtout côté sud et ouest. La nuit, tout se referme. Le matin, tout se rouvre.
Les rideaux thermiques, épais et bien ajustés, font davantage barrage que les modèles classiques. Un détail pratique : il faut éviter de couvrir les radiateurs. Et par grand froid, garder les volets fermés en journée quand personne n’est à la maison freine aussi les pertes.
Les infiltrations d’air parasites à traquer
Les volets ne règlent pas tout. Le même guide invite à repérer les infiltrations d’air parasites : bas de porte, étanchéité des fenêtres, porte d’entrée, accès au cellier. Il précise de ne pas bloquer la circulation entre les pièces chauffées, indispensable au bon fonctionnement de la ventilation.
Le prix du gaz grimpe de 6,6 % au 1er novembre
Le prix repère de vente de gaz de la Commission de régulation de l’énergie passe de 182,88 à 194,90 € par MWh TTC au 1er novembre 2026, soit 6,6 % de plus en moyenne. Seule la part approvisionnement change. L’acheminement et les taxes restent inchangés.
L’effet moyen est estimé à 12 € TTC sur la facture de novembre, mais uniquement pour les foyers dont l’offre suit le prix repère. Cela concerne environ 6 millions de clients, soit près de 60 % des abonnés.
Les offres à prix fixe, qui représentaient environ 40 % des clients à fin 2025, ne sont pas touchées.
Le montant réel dépend de la consommation : un logement chauffé au gaz est plus exposé qu’un foyer qui n’utilise le gaz que pour cuisiner. Le kWh de chauffage au gaz s’affiche à 0,15760 € TTC en novembre en zone GRDF.
Ces 12 € mesurent l’effet d’un prix, alors que le geste des volets agit sur une quantité de chaleur perdue. Ce sont deux chiffres distincts, et aucun calcul officiel ne les relie. Moins de chaleur évacuée par les vitres et un thermostat plus bas réduisent en revanche le volume de gaz consommé, quel que soit le prix du kWh.
Un début de novembre sec, frais et venteux
La météo pousse dans le même sens : temps sec, 11 à 16 °C le jour, 3 à 7 °C la nuit, avec les premières petites gelées. Les rafales de 30 à 52 km/h sont attendues les 1er et 2 novembre. Le 1er novembre, jour du retour de vacances, coïncide aussi avec la hausse du prix repère.
Ces deux journées de vent offrent l’occasion de repérer les fenêtres qui laissent passer l’air. Le guide conseille de vérifier l’étanchéité des fenêtres et des portes, et de la rétablir si besoin.
Ce que les chiffres ne mesurent pas
Le thermostat programmable figure parmi les équipements que le guide juge incontournables. Il présente aussi l’entretien de la chaudière comme un impératif et l’isolation comme indispensable à long terme. Ces investissements pèsent bien plus que le geste du soir, qui reste le plus rapide à mettre en place.
Les chiffres cités ne s’additionnent pas : jusqu’à 60 % concerne uniquement les pertes par les fenêtres, soit 10 à 15 % des pertes d’un logement non isolé.
Aucune donnée officielle ne traduit ces pourcentages en euros sur la facture. Pour mesurer son propre gain, le plus simple est de comparer deux relevés de compteur, l’un avant et l’autre après quelques semaines de volets fermés chaque soir.
Le geste ne coûte rien, ne demande aucun outil et se répète en quelques secondes. Entre le volet qu’on tire et le thermostat qu’on pousse, c’est le premier qui travaille pour la facture.


