En bref
Les volets en aluminium imitation bois suppriment l'entretien régulier par lasure que réclame le bois tous les 3 à 5 ans, tout en reproduisant l'aspect du chêne grâce au laquage ou au plaxage.
Trois points à retenir
- Un volet en bois nécessite une lasure ou peinture tous les 3 à 5 ans, soit 3 à 5 interventions sur 15 ans, avec décrochage, ponçage et séchage.
- L'aluminium imitation bois ne demande ni ponçage ni lasure et ne gonfle pas avec l'humidité, contrairement au bois qui peut coincer dans son cadre.
- Le remplacement du bois par l'alu exige une déclaration préalable en mairie, et le PLU peut imposer le bois en secteur protégé.
La réponse en bref
Oui, les volets en aluminium façon bois éliminent le ponçage et la lasure tous les trois ans. L'aluminium ne nécessite aucun entretien de ce type, contrairement au bois qui exige une lasure ou peinture tous les 3 à 5 ans.
Volets en alu façon bois : fini le ponçage tous les trois ans
Les menuisiers posent désormais des volets en aluminium qui imitent le bois, et ces nouveaux battants ne verront jamais la lasure.
Fin octobre, une fenêtre météo sèche suffit à relancer le grand classique de l’entretien de maison. Les volets sont décrochés, posés sur des tréteaux, le papier de verre passe, la lasure attend avant les premières pluies d’hiver. Le rituel revient en général tous les trois ans, et il occupe plusieurs week-ends dès que la maison compte de nombreuses ouvertures. Les volets du voisin, posés en alu façon bois, ne verront jamais de lasure. Depuis la rue, la différence ne saute pas aux yeux : teinte chêne, grain apparent, allure de volet battant traditionnel.
Pourquoi le bois réclame sa lasure tous les 3 à 5 ans
Un volet en bois vit dehors toute l’année, face à la pluie, au soleil et aux écarts de température. La lasure ou la peinture forme le film qui le protège, et ce film s’use. Il faut le renouveler tous les 3 à 5 ans, et le rythme de trois ans correspond au bas de cette fourchette, celui des propriétaires qui préfèrent ne pas laisser la protection se dégrader.
L’opération a ses étapes incompressibles : décrocher les vantaux, poncer l’ancienne finition là où elle s’écaille, dépoussiérer, appliquer une ou plusieurs couches, puis attendre le séchage avant de raccrocher.
La météo dicte le calendrier, d’où ce créneau de fin octobre, entre la fin des grosses chaleurs et le retour de l’humidité. Chaque fenêtre supplémentaire rallonge la liste d’autant. Sur 15 ans, un volet en bois passe entre 3 et 5 fois par la case lasure ou peinture, soit autant de décrochages, de ponçages et de pots à racheter.
Le bois a aussi un défaut que la lasure ne fait que retarder : il absorbe l’humidité et peut gonfler, ce qui risque de coincer un vantail dans son cadre. L’aluminium, lui, ne gonfle pas, et ce simple fait explique une bonne part de son succès auprès des propriétaires de maisons anciennes, où les volets battants restent la norme.
Ce que recouvre l’expression « alu imitation bois »
Deux techniques se partagent l’aspect bois sur l’aluminium. Le laquage consiste à appliquer une peinture cuite sur le profilé, dans une teinte qui évoque le chêne ou une autre essence. Le plaxage habille le métal d’un décor qui reproduit le motif du bois, avec son dessin de fibres.
Le veinage, ce dessin de fibres que l’œil attend d’un chêne, fait la différence entre un volet crédible et un aplat marron. À distance, sur une façade vue depuis le trottoir, le résultat convainc. De près, la qualité dépend du procédé et du fabricant, d’où l’intérêt de demander un échantillon et de le regarder en plein jour, pas sous l’éclairage d’un showroom.
Les finitions imitation bois, plaxées ou laquées, sont jugées très réalistes par les professionnels.
L’aluminium apporte en prime la durabilité d’un métal, sans l’entretien qui va avec le bois. Un volet alu imitation bois ne demande ni ponçage ni lasure.
Les gains concrets, du ponçage au calendrier
Le premier gain se mesure en week-ends récupérés. L’aluminium est sans entretien, là où le bois exige une lasure ou une peinture tous les 3 à 5 ans. Sur 15 ans, un volet en bois passe entre 3 et 5 fois par la case lasure ou peinture. Un volet en alu n’en demande aucune. Il ne gonfle pas non plus, ce qui évite le vantail qui frotte dans son cadre après un automne pluvieux.
Côté budget, un volet battant en alu coûte de 250 € à 700 € par vantail, une fourchette qui couvre l’imitation bois et les finitions haut de gamme. Une fenêtre à deux vantaux se chiffre donc de 500 € à 1 400 €, et la pose figure ou non dans le devis selon les professionnels, à vérifier ligne par ligne.
L’écart avec un volet classique s’explique par la finition, plus complexe à réaliser. Il se rattrape en partie dans le temps, puisque ni lasure ni peinture ne sont à racheter.
Quelle place pour l’alu dans les ventes de volets neufs
Le PVC garde pourtant la tête du classement. D’après une analyse sectorielle, il représenterait environ 45 % des ventes de volets battants neufs en France en 2026, contre 35 % pour l’alu et 20 % pour le bois massif. Ces chiffres viennent d’un menuisier, pas d’un recensement officiel, et se lisent comme un ordre de grandeur.
La dynamique, elle, va dans un sens : l’alu progresse. Quant au bois massif, il pèse un volet neuf sur cinq, ce qui en fait désormais le matériau minoritaire du trio. Les menuisiers en posent de plus en plus chez des propriétaires lassés du ponçage, même si le PVC reste le matériau le plus vendu et que le bois garde ses adeptes.
La mairie avant le tournevis
Remplacer le bois par de l’alu modifie l’aspect de la façade, et ce changement exige une déclaration préalable en mairie. La démarche se fait avant la commande, pas après la pose. Le dossier se dépose généralement auprès du service urbanisme de la commune.
Le PLU, le plan local d’urbanisme, peut encadrer les matériaux et les teintes de volets. En secteur protégé, la mairie peut aller plus loin et imposer le bois. Une imitation, même très réussie, n’y est donc pas forcément acceptée, quelle que soit sa ressemblance avec le chêne.
Un appel au service urbanisme avant de signer le devis évite un refus tardif.
Le règlement se consulte en mairie, et la réponse conditionne le choix du matériau avant tout devis. Si la réponse est favorable, reste à choisir la finition sur échantillon et à comparer les devis vantail par vantail. Si la mairie impose le bois, le calendrier reste celui du bois : une lasure ou une peinture tous les 3 à 5 ans, week-end sec de fin octobre compris.


