En bref
Dans les cuisines intégrées françaises, l'induction représente 54,2 % des achats récents en 2022, devançant le gaz (25,8 %) et la vitrocéramique (18,8 %), tandis que le parc installé compte 41,5 % d'induction.
Trois points à retenir
- L'induction équipe 41,5 % du parc de cuisines intégrées en 2022, en progression de 8,9 points depuis 2018.
- Sur les achats récents, 54 plaques sur 100 sont à induction, 26 au gaz et 19 en vitrocéramique.
- L'induction consomme 13 % de moins que la vitrocéramique selon le panel Enertech 2021.
La réponse en bref
L'induction domine les achats de nouvelles cuisines intégrées avec 54 % de parts de marché, mais le gaz conserve un quart des ventes et reste présent dans 30 % du parc installé.
Induction : 54 % des nouvelles cuisines en 2022 — le gaz tient encore un quart du marché
La gazinière n’a pas disparu, mais elle recule : dans les cuisines intégrées françaises, l’induction représente désormais 54,2 % des achats récents, contre 25,8 % pour le gaz.
Le matin, le lait monte dans la casserole. On tourne le bouton d’un cran, puis d’un autre. Trop tard : le liquide passe par-dessus le bord et se fige en croûte blanche sur la vitre de la vitrocéramique. Sur une gazinière, le même débordement oblige à soulever les grilles et à récurer autour des brûleurs. Dans les deux cas, on nettoie, on essuie, et la semaine suivante on recommence. L’induction propose une autre approche : une surface plane qui ne chauffe que la casserole, rien autour. Cette promesse expliquerait en partie pourquoi elle équipe aujourd’hui deux cuisines intégrées sur cinq en France.
41,5 % du parc en 2022, 8,9 points gagnés en quatre ans
Dans les cuisines intégrées — celles que les cuisinistes conçoivent sur mesure —, la part de l’induction dans le parc installé est passée de 32,6 % en 2018 à 41,5 % en 2022, selon l’étude IPEA Cuisine intégrée 2022. Cela représente 8,9 points de progression en quatre ans, soit près de 9 cuisines de plus sur 100 qui adoptent ce type de table. En 2022, environ deux cuisines intégrées sur cinq fonctionnaient donc déjà à l’induction.
Le panel Enertech 2021 sur les usages électroménagers donne des chiffres voisins, quoique légèrement inférieurs : 39 % du parc en induction, contre 30 % pour le gaz seul, ou 37 % si l’on compte les plaques mixtes. Ces écarts tiennent probablement à des périmètres et à des années de mesure différents, ce qui invite à ne pas mélanger les deux séries de données.
Le parc évolue lentement, mais les achats montrent mieux ce qui entre aujourd’hui dans les cuisines.
Que choisit-on vraiment en 2022 : 54 % d’induction, 26 % de gaz
Sur les trois dernières années couvertes par l’étude IPEA, l’induction représente 54,2 % des plaques achetées, le gaz 25,8 % et la vitrocéramique 18,8 %. Autrement dit, sur 100 plaques posées, 54 sont à induction, 26 au gaz et 19 en vitrocéramique. L’induction dépasse ainsi à elle seule le gaz et la vitrocéramique additionnés, qui totalisent ensemble 44,6 %.
Ce déséquilibre entre parc et achats récents traduit une dynamique claire : l’induction progresse au rythme des rénovations, tandis que les modèles plus anciens, comme les plaques en fonte, tendent à disparaître. Le parc se redessine donc par les deux bouts.
Pourquoi l’induction séduit : rapidité, nettoyage, consommation
Trois raisons expliquent ce basculement progressif :
- La rapidité de chauffe : la montée en température est plus vive qu’avec la vitrocéramique.
- La facilité de nettoyage : la surface plane, qui ne chauffe que le récipient, limite les incrustations autour de la zone de cuisson.
- Une consommation moindre : l’induction consomme 13 % de moins que la vitrocéramique, selon le panel Enertech 2021.
Ce dernier chiffre compare deux plaques électriques entre elles. Il ne dit rien du gaz, dont l’énergie ne se mesure ni ne se facture de la même manière. Pour un foyer qui remplace une vitrocéramique, l’argument tient. Un foyer au gaz devrait refaire le calcul avec son propre contrat.
La chaleur se concentrant sur le récipient, un débordement aurait moins de chances de s’y incruster.
La vitrocéramique prise en étau entre induction et gaz
La vitrocéramique ne représente plus que 18,8 % des achats récents, derrière l’induction et le gaz. Le panel Enertech note de son côté que les plaques en fonte tendent à disparaître. Le marché se resserre donc autour de deux technologies principales, avec l’induction en tête et le gaz qui garde un quart des achats.
Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue à mesure que les cuisines vieillissantes sont rénovées. C’est le public des cuisinistes, ce qui expliquerait que l’induction pèse davantage dans leurs ventes (54,2 %) que dans le parc global (41,5 %).
Novembre 2024 : le gaz augmente de 6,6 %, mais cela ne concerne pas la cuisson
Le prix repère du gaz a augmenté de 6,6 % TTC en moyenne au 1er novembre 2024, a annoncé la Commission de régulation de l’énergie. Il est passé de 182,88 euros à 194,90 euros TTC le mégawattheure. La hausse concerne les foyers dont l’offre est indexée sur ce repère. Les contrats à prix fixe n’y sont pas soumis.
Pour le chauffage, la hausse atteint 8,3 % sur la part variable, mais aucun chiffre ne porte sur la cuisson, et aucune économie ne sera donc promise ici. Ce relèvement offre surtout un moment : quand la facture revient dans les conversations, on regarde ce qui consomme dans la maison. Une cuisine vieillissante peut alors se retrouver sur la liste des travaux.
Cette hausse ne dit rien du coût d’une cuisson au gaz.
« Tous les cuisinistes » : une formule qui exagère
Dire que tous les cuisinistes posent de l’induction relève de l’exagération. L’induction fait 54,2 % des achats récents, pas 100 %. Le reste se partage entre le gaz et la vitrocéramique. Le gaz garde donc un quart des achats récents des cuisines intégrées. Ses adeptes tiennent sans doute à la flamme visible et au réglage à l’œil, même si ces motifs ne figurent pas dans les études citées.
Le gaz n’a pas disparu des cuisines, et ces chiffres ne laissent pas penser qu’il disparaîtra d’un coup. Sur le parc, il pesait encore 30 % en 2021, et 37 % avec les plaques mixtes. Un parc de cuisines se renouvelle lentement : il a fallu quatre ans, de 2018 à 2022, pour gagner 8,9 points d’induction. La bascule se joue donc surtout à l’occasion des rénovations.
Trois points à vérifier avant de passer à l’induction
Trois éléments donneraient une base de décision claire :
- La compatibilité des casseroles : elles devraient être compatibles avec l’induction. Un aimant qui adhère au fond serait un test simple à faire avant d’acheter.
- La puissance disponible au tableau électrique : un cuisiniste devrait pouvoir vérifier si l’installation de la cuisine supporte la puissance de la table.
- Le contrat de gaz en cours : indexé ou à prix fixe, cela change la donne pour comparer les coûts.
Pour une vitrocéramique à remplacer, le gain de 13 % est le chiffre à garder en tête. Pour une gazinière, c’est plutôt le confort de nettoyage qui peut peser, et le cuisiniste devrait pouvoir chiffrer le raccordement avant le devis.
Les chiffres IPEA portent uniquement sur les cuisines intégrées, celles que les cuisinistes équipent. Ils ne documentent pas les gazinières indépendantes, qui n’entrent pas dans ce périmètre. Le mouvement est donc réel, mais il ne concerne qu’une partie du marché — celle qui se renouvelle en ce moment.


