En bref
Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 a retiré les inserts à bois du parcours par geste de MaPrimeRénov', rendant seule la date de dépôt du dossier déterminante pour l'éligibilité, ce qui a créé des situations où deux voisins ayant installé le même équipement le même mois n'ont pas reçu la même aide selon qu'ils ont déposé leur demande avant ou après le 1er septembre 2026.
Trois points à retenir
- Seule la date de dépôt du dossier sur maprimerenov.gouv.fr détermine les règles applicables, pas la signature du devis ni la date de pose.
- Les inserts à bois ne sont plus finançables seuls par MaPrimeRénov' mais restent éligibles dans une rénovation d'ampleur avec gain d'au moins deux classes DPE.
- Quatre aides subsistent pour un poêle seul : la prime CEE, la TVA à 5,5 %, l'éco-PTZ et parfois des aides locales.
La réponse en bref
Un seul voisin touche l'aide car Bernard a déposé son dossier le 30 août 2026, avant l'entrée en vigueur du décret le 1er septembre, tandis que Franck a déposé le 3 septembre, tombant sous le nouveau régime qui exclut les inserts du parcours par geste.
Insert à bois : deux voisins, le même mois — un seul touche l’aide
Même modèle, même artisan, même mois de pose : seule la date du dépôt du dossier sépare celui qui reçoit MaPrimeRénov’ de celui qui rentre bredouille.
Appelons-les Bernard et Franck. Deux pavillons mitoyens, deux inserts à bois identiques, deux devis signés à quelques jours d’écart début septembre 2026. L’installateur promet la pose pour fin septembre. Bernard dépose sa demande MaPrimeRénov’ le 30 août. Franck, convaincu que son devis signé suffira, attend le 3 septembre. Le premier reçoit son virement deux mois plus tard. Le second n’a jamais vu la couleur de l’aide. Vous pensez qu’il s’agit d’un bug administratif ? Pas du tout. C’est le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 qui a tranché entre eux.
Pourquoi le devis signé ne protège plus de rien
L’article 5 du décret est formel : seule la date de dépôt du dossier sur maprimerenov.gouv.fr détermine les règles applicables. Pas la signature du devis, pas la date d’acompte, pas la date de pose. Le dépôt, point final.
Celui qui a déposé avant le 1er septembre 2026 reste soumis aux anciennes règles ; celui qui a déposé après tombe sous le nouveau régime.
Le texte, publié au Journal officiel du 27 août, laissait à peine cinq jours avant son entrée en vigueur. Suffisant pour créer des situations absurdes : deux foyers identiques, un seul gagnant. L’autre découvre à la pose que l’aide promise s’est volatilisée. Pas de lettre de refus circonstanciée, juste un message laconique sur l’espace personnel : « Votre demande ne relève plus du dispositif. »
Ce que le décret a retiré du parcours par geste
Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 modifie le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 sur la prime de transition énergétique. Il sort du parcours par geste les appareils de chauffage ou d’eau chaude indépendants fonctionnant au bois ou à la biomasse :
- poêles à bûches
- poêles à granulés
- inserts et foyers fermés
Le bois n’est pas seul concerné. Quittent aussi le parcours la pompe à chaleur dédiée à l’eau chaude (le chauffe-eau thermodynamique), la ventilation — VMC double flux comprise —, l’isolation des combles, des toitures et des fenêtres, ainsi que le chauffage et l’eau chaude solaires, hors Outre-mer. Cela représente six familles de travaux, dont l’une des plus demandées avant l’hiver.
Ce n’est pas le premier coup de rabot. Au 1er janvier 2026, le décret n° 2025-956 du 8 septembre 2025 avait déjà écarté l’isolation des murs — par l’extérieur comme par l’intérieur — et les chaudières biomasse.
Ce qui reste aidé seul dans le parcours par geste
Le parcours par geste n’a pas disparu, il s’est resserré. En métropole, restent aidés seuls :
- la pompe à chaleur air-eau pour le chauffage
- la pompe à chaleur géothermique ou solarothermique
- le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid
- la dépose d’une cuve à fioul
L’audit énergétique complète la liste, à raison d’un par logement et associé à un geste de travaux.
Pour les logements classés F ou G, l’accès au parcours par geste est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027, mais uniquement pour les gestes qui subsistent.
Un logement classé G ne rouvre donc pas la porte au poêle. La lettre du DPE ne change rien : l’insert n’est plus dans la liste, point.
L’insert reste finançable… dans une rénovation d’ampleur
L’insert n’est pas banni de MaPrimeRénov’. Les gestes sortis du parcours par geste restent finançables dans une rénovation d’ampleur. Ce parcours global doit faire gagner au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique et se fait avec un accompagnateur agréé.
Une règle nouvelle pèse toutefois sur les maisons individuelles : il est interdit de garder ou d’installer un chauffage ou une eau chaude utilisant du gaz ou du fioul. Les pompes à chaleur hybrides ne sauvent pas un système mixte. Un propriétaire qui conserve sa chaudière au gaz en appoint ne peut plus prétendre à l’aide pour l’ensemble de son projet.
L’insert à bois, lui, entre dans la logique d’un chauffage sans énergie fossile. Sauf que changer d’échelle ne se décide pas en une semaine. Un poêle devient alors une pièce d’un chantier plus large, avec isolation, ventilation ou chauffage. Ce n’est rarement ce que cherche un ménage qui veut simplement réchauffer son salon cet hiver.
Les aides qui subsistent pour un poêle seul
Pour un poêle ou un insert posé seul, quatre soutiens demeurent :
- la prime CEE (certificats d’économies d’énergie)
- la TVA à 5,5 %
- l’éco-PTZ (prêt à taux zéro)
- parfois, des aides locales
Le décret ne touche pas à la prime CEE. Son montant varie selon le fournisseur qui la propose, ce qui justifie de comparer plusieurs offres avant de signer. L’ancien forfait MaPrimeRénov’ représentait plusieurs centaines d’euros selon les revenus du ménage. Le manque à gagner est réel pour qui avait bâti son budget dessus.
La TVA à 5,5 % s’applique directement sur le devis, tandis que l’éco-PTZ permet d’emprunter pour financer les travaux sans payer d’intérêts.
Les aides locales dépendent du territoire : certaines collectivités proposent un fonds Air Bois, d’autres n’ont rien prévu. Le cumul avec MaPrimeRénov’, évoqué dans d’anciennes fiches, n’est plus possible pour un poêle ou un insert.
Devis en main : les vérifications avant de signer
Un devis signé ne protège de rien. Seul un dossier déposé avant le 1er septembre 2026 relevait des anciennes règles. Pour un projet encore au stade du devis, la demande par geste pour un insert seul n’a donc plus d’objet.
Premier réflexe : demander par écrit à l’installateur quelles aides son devis intègre. La prime CEE y figure-t-elle, et pour quel montant ? Le taux de TVA appliqué est-il bien de 5,5 % ? Il faut aussi se renseigner auprès de sa mairie ou de son intercommunalité sur une éventuelle aide locale, puis, si la maison est très énergivore, étudier avec un accompagnateur agréé ce que donnerait une rénovation d’ampleur.
Une exception géographique subsiste dans le texte : le chauffage et l’eau chaude solaires restent dans le parcours par geste en Outre-mer. Les poêles et les inserts, eux, en sont sortis partout.


