En bref
Une simulation menée par Dorêka sur une copropriété parisienne de 435 logements classés E ou F montre qu'un scénario de rénovation intermédiaire coûte 1 800 euros de moins par appartement que le simple entretien, une fois les aides déduites.
Trois points à retenir
- Le coût de l'inaction énergétique inclut l'énergie non économisée et les surcoûts de maintenance sur des équipements vieillissants, charges certaines et répétées contrairement au coût ponctuel des travaux.
- Dans la simulation Dorêka, le scénario intermédiaire (plus de 35 % de gain énergétique) affiche un reste à charge de 19 600 euros par appartement, contre 21 400 euros pour l'entretien simple.
- Un projet de rénovation énergétique en copropriété nécessite entre 12 et 18 mois de préparation, incluant audit technique, montage financier et réunions pédagogiques avec les copropriétaires.
La réponse en bref
L'inaction en copropriété coûte plus cher que la rénovation : selon la simulation Dorêka, l'entretien simple revient à 21 400 euros par appartement contre 19 600 euros pour un scénario intermédiaire de rénovation, aides déduites. Les factures de chauffage continuent de grimper (environ 22 % en dix ans avec 2 % d'augmentation annuelle) et les équipements vieillissants génèrent des surcoûts de maintenance.
Le piège silencieux de l’inaction énergétique dans les copropriétés parisiennes
Dans de nombreuses copropriétés parisiennes, la rénovation énergétique se retrouve systématiquement repoussée à plus tard. Les charges jugées trop lourdes, des travaux perçus comme hors de portée financière, un contexte économique incertain : les raisons de patienter ne manquent pas. En apparence, remettre à demain semble protéger les budgets des copropriétaires.
Mais pendant ce temps, les factures de chauffage gonflent, l’inconfort s’installe et le bâti continue de vieillir. L’inaction a bel et bien un coût — moins visible, mais parfaitement réel.
Coût de l’inaction énergétique à Paris : ce que paient encore les copropriétaires
L’opérateur Dorêka, spécialisé dans l’accompagnement des copropriétés en tant qu’assistant à maîtrise d’ouvrage, tire désormais la sonnette d’alarme auprès des syndics parisiens. Son cofondateur Baptiste Garcia-Rundstadler est direct : « Le coût et les conséquences de l’inaction dépassent amplement le prix de travaux bien préparés et financés. »
Le concept de coût de l’inaction énergétique désigne les dépenses que l’on continue à supporter faute d’engager des travaux : énergie non économisée, surcoûts de maintenance sur des équipements vieillissants. Une chaudière en fin de vie tombe plus souvent en panne, coûte plus cher à réparer et consomme davantage de combustible. Cette charge est certaine et répétée, alors que le coût des travaux reste ponctuel et peut être partiellement subventionné.
À cela s’ajoute l’effet mécanique des hausses du prix de l’énergie. Avec une hypothèse prudente de 2 % d’augmentation annuelle, une facture grimpe d’environ 22 % en dix ans. Sur un immeuble chauffé collectivement, ces montants finissent par rivaliser avec le coût d’un bouquet de travaux performants. Dorêka souligne également la décote qui frappe les logements mal classés au DPE, ainsi que la perspective d’interdictions de mise en location pour les passoires thermiques.
Simulation Dorêka à Paris : entretien ou rénovation énergétique globale
Pour illustrer concrètement ces enjeux, Dorêka a mené une simulation sur une copropriété parisienne construite dans les années 1960, composée de 435 logements classés E ou F. Trois scénarios ont été comparés, aides collectives déduites.
- Scénario entretien simple : le reste à charge moyen atteint 21 400 euros par appartement, soit environ 160 euros par mois sur quinze ans.
- Scénario intermédiaire (plus de 35 % de gain énergétique) : le reste à charge tombe à 19 600 euros, pour une mensualité réduite à 120 euros.
- Scénario ambitieux (plus de 50 % de gain énergétique) : le reste à charge s’élève à 24 700 euros, avec une mensualité d’environ 140 euros.
Le constat est saisissant : l’option intermédiaire revient 1 800 euros moins cher par appartement que le simple entretien. Ce programme comprend l’isolation de la toiture et du plancher bas, l’isolation thermique par l’extérieur, une amélioration de la ventilation et l’installation de radiateurs à inertie.
« Un programme de rénovation ambitieux n’est pas forcément plus coûteux qu’un simple entretien une fois les aides déduites », insiste Baptiste Garcia-Rundstadler.
Préparer une rénovation énergétique en copropriété parisienne d’ici 2027
Transformer ces chiffres en vote favorable lors d’une assemblée générale demande une préparation rigoureuse. Dorêka estime qu’un projet de rénovation énergétique en copropriété nécessite entre 12 et 18 mois de préparation : audit technique, définition des scénarios, montage du plan de financement en mobilisant toutes les aides disponibles, puis réunions pédagogiques avec les copropriétaires.
« La confiance et la compréhension du projet, de ses avantages et de ses coûts réels par chaque copropriétaire se construisent pendant la période de préparation », souligne Baptiste Garcia-Rundstadler.
Cette démarche pédagogique repose largement sur l’intervention d’un opérateur d’assistance à maîtrise d’ouvrage, en soutien du syndic. Henry Buzy-Cazaux, président fondateur de l’Institut du Management des Services Immobiliers, va plus loin : « Cet accompagnement n’est plus une option : sans cette réassurance des copropriétaires, pas d’adhésion au projet et pas de vote. »
Avant de décider de reporter une nouvelle fois les travaux, les conseils syndicaux parisiens sont désormais invités à poser trois questions clés : combien coûte réellement une année supplémentaire de chauffage, quel sera le reste à charge après déduction des aides, et la mensualité de travaux dépasse-t-elle vraiment le prix de l’inaction ?


