En bref
Les WC lavants ont progressé de plus de 10 % en ventes en 2025 selon le Syndicat de la salle de bains, mais restent un produit marginal sans taux d'équipement connu dans les foyers français.
Trois points à retenir
- Le marché français de la salle de bains a reculé de 3,3 % en 2025 pour atteindre 2,098 milliards d'euros, troisième baisse consécutive
- Un abattant lavant sans électricité coûte environ 85 € et se branche sur l'arrivée d'eau de la chasse, tandis qu'un modèle électrique d'entrée de gamme se situe autour de 300 €
- Aucune donnée ne confirme le taux d'équipement des foyers français en WC lavants, le produit restant rare dans les logements malgré sa croissance
La réponse en bref
Non, aucune donnée ne confirme une installation généralisée des WC lavants en 2026. La croissance de plus de 10 % part d'un niveau très bas et le produit reste marginal dans les logements français.
WC lavant : +10 % de ventes en 2025, mais aucune preuve d’une installation généralisée en 2026
Non, les plombiers français ne poseront pas tous un abattant relié à l’arrivée d’eau en 2026 : aucune donnée ne le confirme, et le produit reste marginal dans les logements.
Il est 14 heures un jeudi de mai 2026, et dans une salle de conférence parisienne, le Syndicat de la salle de bains présente les chiffres annuels du secteur. Parmi les diapositives défile une ligne qui intrigue : les WC lavants progressent de plus de 10 %. Un journaliste lève la main pour demander combien de foyers sont équipés. Silence gêné : personne ne le sait. Le produit fait parler, mais il reste rare. Entre l’annonce spectaculaire et la réalité du terrain, l’écart est considérable.
Que disent vraiment les chiffres de 2025 ?
L’étude de marché réalisée par le cabinet SH Conseil pour le compte de l’Afisb (Syndicat de la salle de bains) a été présentée le 6 mai 2026. Elle s’appuie sur les ventes des industriels représentatifs et sur de nombreux entretiens qualitatifs auprès des acteurs du secteur.
Le marché français de la salle de bains recule de 3,3 % en valeur en 2025, pour atteindre 2,098 milliards d’euros hors taxes en ventes fabricants.
C’est la troisième baisse consécutive. En 2024, le recul avait été de 4,2 %, et en 2023 de 6 %. Le périmètre de l’étude ayant été élargi, la valeur de 2024 a été réestimée à 2,169 milliards d’euros. Les volumes suivent, avec environ -3 %.
Le syndicat pointe un marché du neuf toujours en sursis et une remontée encore trop lente des transactions dans l’ancien, malgré un timide redémarrage des mises en chantier. Presque tous les segments reculent :
- Les receveurs et parois de douche perdent 2 %
- Le meuble de salle de bains recule d’environ 6 %
- Seuls les panneaux de douche progressent, de 20 %, grâce à leur confort de pose
L’espace toilettes, qui représente 23 % du marché, fait un peu mieux que la moyenne tout en souffrant de la conjoncture. Les WC suspendus restent stables à 40 % des ventes, et les chasses d’eau à effet vortex gagnent du terrain.
Dans ce paysage morose, le WC lavant fait partie des rares segments qui avancent. Mais avec quelle ampleur réelle ?
WC lavant : une croissance à deux chiffres, un taux d’équipement inconnu
Le taux exact de croissance des WC lavants n’est pas publié dans le détail. L’étude mentionne « plus de 10 % », sans préciser davantage. Quant à la part des foyers français équipés, personne ne la connaît : le produit reste rare dans les logements.
Affirmer que tous les plombiers poseront ce modèle en 2026 relève donc de la pure extrapolation publicitaire, sans aucun fondement dans les données disponibles.
La croissance constatée part d’un niveau très bas. Une progression de 10 % ou même de 20 % sur une base quasi nulle ne transforme pas un produit marginal en standard de l’équipement sanitaire.
Abattant lavant ou WC lavant complet : deux produits, deux chantiers
Le mot « lavant » recouvre deux produits qui n’ont ni le même chantier ni le même budget.
L’abattant lavant se pose sur une cuvette existante, à la place de l’abattant classique. Il existe en deux versions :
- Sans électricité, branché directement sur l’arrivée d’eau de la chasse
- Électrique, nécessitant une alimentation à proximité
Le WC lavant complet remplace toute la cuvette, souvent suspendue, avec des fonctions chauffantes et séchantes. Ce second cas ressemble davantage à un petit chantier qu’à un simple accessoire.
Un modèle suspendu peut impliquer de revoir le bâti-support, cet élément qui porte la cuvette dans le mur. Les cuvettes suspendues pèsent déjà 40 % des ventes de WC, ce qui montre que la forme est installée, alors que la fonction lavante reste rare.
Combien coûte un abattant lavant en France ?
Chez un fabricant français, un abattant lavant sans électricité se vend environ 85 €. Un modèle électrique d’entrée de gamme se situe autour de 300 €. Le haut de gamme grimpe jusqu’à environ 1 000 €.
Entre le premier prix et le haut de gamme, l’écart atteint environ 1 à 12. La version sans électricité reste la porte d’entrée la plus abordable, puisqu’elle se branche sur l’arrivée d’eau de la chasse sans alimentation électrique.
Ces tarifs proviennent de données disponibles début 2026 et sont à revérifier avant tout achat, car les prix du secteur pourraient monter.
Lors de la présentation des chiffres, un représentant de la profession a évoqué des hausses de 3 à 10 %, voire plus, selon les matériaux de base, du laiton au plastique. Aucun chiffre ne précise si les abattants lavants seraient touchés dans la même proportion.
Ce que le plombier peut réellement poser sans gros travaux
L’expression « relié à l’arrivée d’eau » correspond au modèle sans électricité, celui qui se branche sur l’arrivée d’eau de la chasse. Un plombier peut le proposer en conservant la cuvette en place, alors que la version électrique supposerait de prévoir une alimentation à proximité.
La distribution professionnelle pèse 60 % du marché de la salle de bains, avec un gain de 2 points sur un an. Cette donnée ne distingue pas les produits lavants. Elle suggère que le conseil d’un installateur compte dans le choix, sans dire pour quels produits.
Avant de commander, un contrôle s’impose : vérifier que l’abattant s’adapte à la forme de la cuvette déjà installée, puisqu’il se pose dessus. Mieux vaut aussi demander au professionnel de chiffrer séparément la fourniture et le raccordement.
Une niche à surveiller, pas une révolution
Les panneaux de douche prouvent qu’un produit peut gagner 20 % dans un marché qui en perd 3,3 %. Le WC lavant n’en est pas là. Sa progression de plus de 10 % part d’un niveau bas, dans des logements où il reste rare.
Le haut de gamme affiche des progressions à deux chiffres sur plusieurs segments de niche : WC lavants, cuvettes sans bride, chasses tourbillon. Les cuvettes sans bride, elles, étaient déjà devenues la norme jusque sur les gammes accessibles dans l’étude de l’année précédente.
Le WC lavant progresse, c’est certain. Mais entre progresser et devenir la norme installée par tous les plombiers, il y a un gouffre que les chiffres de 2025 ne comblent absolument pas.
La prudence commande d’attendre des données sur le taux réel d’équipement des ménages avant de parler de révolution. Pour l’instant, ce produit reste une curiosité de niche, certes en croissance, mais loin de s’imposer dans les salles de bains françaises.


